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L’équipe féminine de handball de la RDC dispute le Championnat du monde 2015 au Danemark (5-20 décembre). Simone Thiero, qui évolue à Toulon Saint-Cyr (D1 France), est l’invitée surprise de la sélection congolaise. Cette Française de 22 ans, également sollicitée par le Mali, a été conviée afin d’apporter un plus au poste d’ailière.

La République démocratique du Congo, nation montante du handball féminin en Afrique, s’apprête à disputer son deuxième Championnat du monde de suite. Mais pour Simone Thiero, ailière de 22 ans, ce Mondial 2015 au Danemark (5-20 décembre) sera la première grande compétition internationale.

« Je ne réalisais pas vraiment parce que le Congo m’a appelée il n’y a pas si longtemps que ça, explique la pensionnaire du Toulon Saint-Cyr (TSCVHB), un club de première division française (D1F). Ils m’ont expliqué qu’ils me voulaient pour ce Championnat du monde. Il faut que j’y sois pour vraiment réaliser ».

Présélectionnée par le Mali mais…

Et pour cause. Simone Thiero, née en France de parents maliens, ne s’imaginait pas un destin congolais. « Je n’ai pas directement dit oui, raconte la jeune femme. A la base, je m’étais engagée avec l’équipe du Mali. J’ai répondu aux dirigeants congolais que j’allais d’abord en discuter avec le sélectionneur malien ». Elle assure aujourd’hui : « J’ai essayé de contacter l’entraîneur mais je n’ai pas eu de suites. Je lui ai donc laissé un message. »

La Toulonnaise, qui a commencé le handball à 10 ans à Massy (région parisienne), a tout de même franchement hésité. « Le sélectionneur du Mali (David Morelli) m’avait contacté fin juin pour intégrer son équipe pour aller aux Jeux africains. Mais je n’ai pas pu participer à cette compétition parce que j’avais des matches avec mon club, dit l’intéressée. Je savais depuis deux ou trois ans que le Mali voulait bâtir une équipe. J’ai assisté à des réunions. J’étais très intéressée au départ. Mais rien ne s’est passé avant 2015 ».

A Brazzaville, en septembre dernier, les Aigles finissent par ailleurs 9es sur onze. Elles ratent donc une qualification pour la prochaine CAN, qui aura lieu en décembre 2016 en Angola. « Avec le Mali, d’ici deux ou trois ans, en gros, il n’y a pas de compétition », regrette Simone Thiero.

Un atout supplémentaire pour la RDC

La RDC, en revanche, a disputé le Mondial 2013, atteint la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2014, et s’apprête à disputer le Mondial 2015 et la CAN 2016.

Jean-Claude Alekasango, entraîneur adjoint de l’équipe de RD Congo, entre alors en piste. Ce dernier suit Simone Thiero depuis plusieurs mois. Il la contacte par l’entremise de l’entraîneur d’Issy Paris Handball. « On cherchait une ailière, raconte le technicien. Simone, pour moi, était une de celles qui pouvaient pallier à notre carence sur l’aile droite ».

Sur la naturalisation de la Franco-Malienne, Jean-Claude Alekasango souligne : « C’est une politique de la direction (de la Fédération, Ndlr) qui souhaite montrer une image correcte du handball de la zone 4 (sous-région d’Afrique centrale, Ndlr). Nous avons des filles qui évoluent un peu partout mais qui n’ont pas la chance d’être vues dans des grands championnats, comme Simone. »

Sur la seule joueuse de D1F, il ajoute : « Simone a l’expérience. Lors du stage de préparation en Tunisie, j’ai vu de quoi elle était capable. C’est une fille qui, techniquement, est d’un certain niveau et qui apporte un plus du point de vue défensif. Et bien entendu, en attaque, elle assure ce qu’on attend d’une ailière. »

En terrain presque conquis

La sociétaire du TSCVHB semble également avoir trouvé ses marques au sein du groupe. «C’est une fille qui n’a pas de problèmes relationnels, assure Jean-Claude Alekasango. Au contraire. A peine arrivée, elle participe aux propositions entre joueuses. […] Elle semble tirer le groupe vers le haut ».

« Je connaissais certaines joueuses de l’équipe comme Christiane Mwasesa qui a évolué à Toulon Saint-Cyr et qui est repartie en Afrique (en Angola, Ndlr), indique de son côté Simone Thiero. D’autres évoluent en deuxième ou troisième division française ».

Sur son statut d’Aigles chez les Léopards, pas de malaise non plus. « Je n’ai pas d’origine congolaise mais ça se fait souvent, lance-t-elle. Comme on peut le voir dans des équipes comme celle du Sénégal, il y a aussi des Maliennes. Ce ne sera pas une première en tout cas ».

Heureuse d’affronter la France

Simone Thiero semble davantage focaliser sur le match face à son pays de naissance, le 10 décembre à Kolding. « On est plusieurs à être françaises, explique-t-elle. On aura donc beaucoup d’envie face à la France. Je pense qu’on peut faire quelque chose de bien face à cette équipe ». Elle ajoute : « On va évoluer dans une poule assez forte. Il y a quand même la France, le Brésil et l’Allemagne ! Je pense que ça va être un peu dur. On va aussi affronter l’Argentine et la Corée du Sud. Il va falloir bien débuter dans notre poule pour envisager une meilleure place qu’en 2013 (20e). »

Si le séjour au Danemark est concluant, Simone Thiero pourrait retrouver la RDC dans un an, à la CAN. « Si tout se passe très bien et qu’ils veulent encore de moi après ce Mondial, pourquoi pas ? »

RFI.FR

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