MahamaLe président ghanéen John Dramani Mahama (photo) a proposé, le 25 février, le développement de l’industrie locale et la diversification l’économie pour redresser la monnaie locale, dont la chute a fait flamber les prix de tous les produits de consommation. Dans son discours sur l’état de la nation, M. Mahama a notamment cité la production de sucre et la fabrication de sacs de jute pour le cacao, tout en promettant un soutien aux secteurs de l’agriculture et de la pêche.

«Les raffineries de farine seront encouragées à utiliser les récoltes locales», a-t-il ajouté, souhaitant voir le Ghana devenir un pays exportateur de riz dans un futur proche.

«Nous devons nous demander si nous voulons en tant que nation continuer à importer de manière débridée», a  lancé le président.

Le Ghana est l’une des démocraties les plus stables d’Afrique de l’Ouest. Mais son économie reste trop dépendante de l’or, du cacao et, à un degré moindre, des exportations pétrolières malgré la forte croissance économique enregistrée au cours des dernières années.

L’augmentation du déficit public, la chute du cours de l’or de 28% et le rachat d’actifs lancé par la Réserve fédérale américaine ont contribué à faire perdre près d’un quart de sa valeur au cédi l’année dernière. Cette tendance s’est accentuée depuis début 2014.

Les solutions présentées par M. Mahama pour freiner la chute du cedi n’ont pas visiblement convaincu les députés à l’heure où la hausse du coût de la vie provoque le mécontentement de la population. Le chef de l’Etat a été d’ailleurs été hué à plusieurs reprises par les élus lors de son discours devant le parlement.

Le président Mahama avait déjà déclaré le 12 février que son pays doit procéder à des «changements fondamentaux dans la structure de son économie afin de ne pas dépendre étroitement de quelques matières premières sujettes à des fluctuations sur le marché international», pour protéger sa monnaie et permettre à ses marchés de croître régulièrement.

Pour la directrice du Département de recherche sur l’Afrique de la banque britannique Standard Chartered, Razia Khan, ces mesures représentent des «réparations à court terme ».

Mme Khan estime que  le Ghana «fait face à un problème plus profond de gestion fiscale dans le sillage de son déficit fiscal».

Pour les économistes, la part trop importante allouée aux salaires des fonctionnaires, qui représentent près de 12% du produit intérieur brut (PIB) et les trois quarts des revenus pétroliers, n’est pas soutenable. Ce problème est commun à de nombreux pays africains, où une grosse part du budget est attribuée à des services publics souvent peu productifs.

Agence Ecofin

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