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Les chefs d´Etat et de gouvernement présents au 15éme Sommet de la Francophonie de Dakar doivent élire le dimanche 30 novembre 2014 un nouveau Secrétaire général de l´Organisation internationale de la Francophonie (OIF). En tout cinq candidats potentiels sont en lice pour le fauteuil d´Abdou Diouf, ancien Président du Sénégal et Secrétaire sortant de l´OIF. Africpost vous présente les Portraits des cinq candidats.

Michaëlle Jean, 57 ans, est une concurrente sérieuse. Gouverneure générale du Canada de 2005 à 2010 et actuelle envoyée spéciale de l’Unesco pour Haïti, cette femme charismatique semble la mieux placée pour incarner le renouveau de l’OIF – même si la tradition veut que le poste soit occupé par un Africain. Elle deviendrait alors la première femme à diriger l’organisation. D´origine haïtienne, elle se plaît à répéter : « Je suis à la fois du Nord et du Sud. » Sans prendre parti, François Hollande a loué les qualités de la Canadienne.

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Jean-Claude de l’Estrac, 66 ans, est secrétaire général de la Commission de l’Océan Indien depuis 2012. Ex-ministre des Affaires étrangères de l’île Maurice, il souffre malgré tout d’un manque crucial de notoriété sur la scène internationale. Le Mauricien veut se poser en candidat de l’« industrialisation de l’Afrique » à travers des partenariats interentreprises Nord / Sud.

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Pierre Buyoya, 64 ans, était Président du Burundi de 1987 à 1993, puis de 1996 à 2003. Présentement il est l’actuel haut représentant de l’Union africaine pour le Mali et le Sahel. Sa stature présidentielle en fait un prétendant idéal. Problème: il est arrivé au pouvoir à la suite de deux coups d’Etat. En outre, des massacres interethniques se sont déroulés sous sa présidence. Avantage: Il connaît les chefs d’états africains; il a été observateur pour plusieurs élections présidentielles sur le continent (Afrique du Sud, Guinée-Bissau, République Démocratique du Congo, Mauritanie, etc). »

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Henri Lopes, 77 ans, a été Premier ministre de la République du Congo de 1973 à 1975 et ambassadeur en France depuis 1998. Il présente pour la deuxiéme fois sa candidature après 2002 pour diriger l´OIF. Cet homme de lettres, très apprécié pour son talent, mène une campagne discrète et mise sur sa notoriété diplomatique et littéraire. Inconvénient: C’est son âge qui pourrait faire pencher la balance du mauvais côté mais surtout, l’hostilité de plusieurs pays membres de la Francophonie, à commencer justement par le Canada, envers le régime du président Sassou N’Guesso qu’il représente.

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Agustin Nze Nfumu, 65 ans, est le candidat de la Guinée-Equatoriale, pays plus hispanophone que francophone. Ses chances de l’emporter sont quasiment nulles: Ancien ambassadeur à Londres, il est peu connu en dehors des frontières de son pays. De plus, la Guinée-Equatoriale est un Etat dictatorial, un aspect politique qui sera nécessairement pris en compte. La Guinée Équatoriale ne pèse aussi que très peu en terme démographique et le français y est très minoritaire. 

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Le nouveau Secrétaire aura pour mission de réorienter et conforter la légitimité de l´OIF souvent critiquée. Le Secrétaire général assure un lien direct entre les instances et le dispositif opérationnel de la Francophonie. La Charte le désigne comme la “clé de voûte du dispositif institutionnel de la Francophonie”. Il est responsable du secrétariat des sessions des instances de la Francophonie, il préside le Conseil permanent de la Francophonie qu’il réunit, et il siège de droit à la Conférence ministérielle de la Francophonie (CMF). Le Secrétaire général est élu pour quatre ans par les chefs d’État et de gouvernement. Son mandat peut être renouvelé.

En ce qui concerne l´élection de dimanche, Michaëlle Jean et Jean-Claude de l’Estrac restent favorites: La première parce qu’elle bénéficie du soutien du deuxième contributeur au budget de la Francophonie et qu’elle est la candidate d’un Nord en pleine crise de puissance, une candidature politisée de ce point de vue ; le second, parce que son programme fait bouger les lignes, que sa personnalité suscite un intérêt grandissant et qu’il peut porter le flambeau d’un espace francophone pôle à part entière d’un monde multipolaire, une candidature dépolitisée et de consensus.

La Francophonie dispose en tout 274 millions de locuteurs dans le monde dont plus de 80% vivent en Afrique. Pour cela un Secrétaire général non africain serait simplement une défaite de la diplomatie du continent. 

Africpost, Photos de Jeune Afrique 

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