727882-le-premier-ministre-francais-manuel-valls-a-l-hotel-matignon-a-paris-le-29-mars-2015Le Premier ministre français Manuel Valls à l’hôtel Matignon à Paris, le 29 mars 2015 (Photo Jacques Demarthon. AFP)

Manuel Valls a déclaré mardi qu’il n’avait pas songé à démissionner après la défaite de la gauche aux élections départementales, une «responsabilité collective», et n’a pas exclu un remaniement avec l’entrée de ministres écologistes «s’il y a un pacte» entre le PS et EELV.

Invité de RMC et BFMTV, le Premier ministre a également assuré que «la remise en cause du CDI» demandée par le Medef n’était «pas dans les projets du gouvernement».

A-t-il songé à démissionner après l’échec de son camp aux départementales? M. Valls a répondu: «Non».

«On rajouterait une crise politique en plus à cette situation». «D’ailleurs, ce n’est pas ce que les Français me demandent», a-t-il insisté. «Ils me demandent de rester au poste, de les écouter et de continuer l’action pour l’emploi et pour redresser le pays».

«Tant que j’ai la confiance du président de la République et de la majorité, tant que j’ai le sentiment que le lien avec les Français est là – ce n’est pas un problème personnel, c’est une œuvre collective – nous continuerons à agir».

«Ces élections départementales ne remettaient pas en cause le gouvernement», selon lui. Interrogé sur les causes de l’échec, il a jugé que «chacun a sa part de responsabilité»: «Je me suis beaucoup impliqué» et «j’assume ma part» de la défaite. «Il est important que toute la gauche se retrouve, la division mène à la défaite», a-t-il estimé.

Lors de la réunion de groupe des députés socialistes mardi matin, pour laquelle il a annulé un déplacement en Allemagne, Manuel Valls s’attend à ce que les parlementaires lui expriment des «messages» mais «diront tous, l’immense majorité en tout cas, qu’il faut continuer, même si sur tel ou tel aspect, il faut approfondir».

«ELARGISSEMENT DE LA MAJORITÉ»

Rappelant qu’il avait «toujours souhaité» que des écologistes participent à son gouvernement, le Premier ministre n’a pas exclu un remaniement «s’il y a un pacte» entre le PS et EELV, dont les dirigeants, Jean-Christophe Cambadélis et Emmanuelle Cosse, se sont rencontrés lundi et ont mis en place des groupes de travail.

Un «élargissement de la majorité» est possible si les partenaires du PS «considèrent que c’est possible de gouverner sur la ligne économique qui est la nôtre, sur les réformes en matière de transition énergétique que nous sommes en train de mener et sur la lutte contre les inégalités», a-t-il dit.

Interrogé sur la politique qui sera menée avant la fin du quinquennat, M. Valls a assuré que «la remise en cause du CDI» n’était «pas dans les projets du gouvernement». «Ce n’est pas parce que le Medef fait un certain nombre de propositions que nous allons les prendre».

Le lauréat du prix Nobel d’économie Jean Tirole et plusieurs autres chercheurs appellent lundi dans Les Échos à une grande réforme du marché du travail en France, passant par une simplification des procédures de licenciement. Le Medef estime qu’il faut aller «beaucoup plus loin» pour réformer le marché du travail et propose de faciliter les licenciements des salariés en CDI.

Il a indiqué avoir confié au député socialiste du Gard Fabrice Verdier une mission sur la simplification administrative en faveur des PME qui sont «encore trop surchargées de paperasse».

Le Premier ministre a dit espérer «qu’à la fin de l’année nous serons sur un rythme autour de 1,5%» de croissance, «niveau qui permet de faire baisser le chômage. Et moi, c’est mon seul objectif», a-t-il dit.

Le gouvernement prendra des mesures pour «l’investissement des entreprises» et pour «le travail» qui sont «la priorité des priorités».

Interrogé sur sa plus grande erreur, le successeur de Jean-Marc Ayrault a répondu: «Peut-être de ne pas avoir intégré encore plus rapidement, mais notamment depuis trois ans, la question de l’impôt».

 

Avec AFP

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