strac39fburg_europaparlament1Les Européens ont élu ce dimanche leurs représentants au Parlement européen, au total 751 députés, repartis selon le poids démographique des 28 pays membres. Les élections sont dominées par des enjeux nationaux mais aussi par la montée des eurosceptiques qui raflent des siéges en France et au Royaume-Uni. De nombreux partis populistes, eurosceptiques ou même nationalistes font leur entrée au Parlement européen. La France avec le Front national a lancé un signal fort en remportant historiquement le scrutin européen, 25% des siéges.

Selon les derniéres estimations de Bruxelles, le Parti populaire européen, principale force en présence, compterait 212 députés sur les 751 élus (28,2 % des voix). C’est largement moins que depuis 2009, où il représentait 36 % des députés européens (265 sièges). Deuxième, le Parti socialiste européen est à nouveau devancé mais reste stable par rapport à 2009, avec 185 députés élus (184 auparavant). Derrière, les libéraux-démocrates passent de 84 députés en 2009 à 71 et les Verts occuperaient toujours 55 sièges.

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La montée en puissance des extrêmistes en France et au Royaume-Uni a poussé les dirigeants politiques européens á réagir au lendemain des élections. Les chefs d’Etat et de gouvernement se retrouvent dès mardi soir à Bruxelles pour un tour d’horizon consacré notamment à une analyse du scrutin.

«Un choc à l’échelle du monde», a déclaré Ségolène Royal, ancienne candidate pour le parti socialiste à la présidentielle de 2007 et actuelle ministre de l’Ecologie, ce dimanche soir après que les premières estimations eurent donné le Front national en tête aux élections européennes en France.

«Un signal pour les républicains», a déclaré Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture et porte-parole du gouvernement francais. «Le rêve européen est menacé», a aussi affirmé de son côté Emmanuelle Cosse, secrétaire national d’Europe Ecologie les Verts (EELV), dont le parti ne franchirait pas la barre des 10 % selon les premières estimations.

Pour François Bayrou, le président du MoDem, ce résultat est révélateur de la  «décomposition de la vie politique française». Au niveau du gouvernement francais, le Premier ministre Manuel Valls a estimé que les premiers résultats des européennes représentaient « un choc, un séisme », la France et l’Europe traversant selon lui un « moment grave ». La ministre de l’Ecologie et de l’Energie, Ségolène Royal, a estimé que le résultat du scrutin européen et le résultat du FN constituait un « choc à l’échelle du monde »

La victoire du Front national aux élections européennes en France est “un signal grave”, a estimé lundi le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinemeier, à la télévision allemande. “Je suis horrifié qu’un (élu du parti néonazi allemand) NPD soit représenté au Parlement”, a-t-il aussi souligné. “J’espère que les forces démocratiques vont trouver une forme de travail en commun pour que le grand nombre de partis nationalistes de gauche ou de droite ne réussissent pas à influencer la politique européenne”, a ajouté le patron de la diplomatie allemande.

Quant á la chancelière allemande Angela Merkel, elle s’est réjouie lundi du “résultat solide” des conservateurs aux élections européennes de dimanche, lors d’une conférence de presse à Berlin. Saluant “la bonne campagne” menée avec la tête de liste, Jean-Claude Juncker, qui a permis au parti populaire européen (PPE) de devenir la première force politique en Europe, elle a estimé qu’il fallait désormais mener “des discussions” pour nommer un nouveau président de la Commission européenne. Par ailleurs, le choix du prochain président de la Commission européenne nécessite “des discussions” selon Angela Merkel, qui juge “regrettable” la montée des partis populistes en Europe.

“C’est le moment de l’Italie en Europe”, a estimé lundi le chef du gouvernement italien Matteo Renzi, dont la formation, le Parti démocrate (PD, centre gauche), a remporté les élections européennes en Italie avec près de 41% des voix. “C’est un signal, a affirmé le Premier ministre de 39 ans lors d’une conférence de presse à Rome. L’Italie est plus forte que les peurs qui la traversent, elle est décidément meilleure que ce que l’on a pu raconter sur elle”. Le PD a remporté haut la main les élections, distançant de près de 20 points les eurosceptiques du Mouvement Cinq Etoiles (M5S) de Beppe Grillo, selon des résultats définitifs.

Pour l’ancien maire de Florence, ce résultat historique pour son parti, qui enverra 31 eurodéputés au Parlement européen de Strasbourg sur les 73 que compte l’Italie, n’est “pas un référendum sur le gouvernement, ni un vote sur ma personne” mais un encouragement à “accélérer les réformes”. “Les réformes (du marché du travail, de la loi électorale, de la fonction publique, de la justice…) sont la base de ce gouvernement”, qui respectera les échéances et restera “au pouvoir jusqu’en 2018”, a-t-il ajouté. Avoir dépassé les 40% constitue un résultat “techniquement extraordinaire”, d’autant plus qu’en Italie, “tout pouvait se produire, les eurosceptiques auraient pu l’emporter avec une majorité écrasante”, a estimé Matteo Renzi, à propos de pronostics d’avant le scrutin qui donnaient par exemple le M5S comme premier parti en Italie.

Le Premier ministre britannique David Cameron a imputé lundi la victoire du parti populiste Ukip aux Européennes à la “profonde désillusion” éprouvée au Royaume-Uni vis-à-vis de l’UE, rejetant tout “pacte” avec le parti de Nigel Farage. “Les gens sont profondément déçus par l’Union européenne”, a déclaré lundi matin David Cameron sur BBC Radio 4. “Ils veulent du changement et en ce qui me concerne, le message est complètement reçu et compris”, a-t-il ajouté. “Si vous voulez un référendum sur l’Europe, si c’est le plus important pour vous, il n’y a qu’un parti et qu’un potentiel Premier ministre qui puissent l’organiser. Le Labour et les Lib-Dem ne veulent pas de ce référendum, l’Ukip ne peut pas le réaliser”, a-t-il affirmé.

 

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