manif-germany432Les journaux allemands de ce mardi se penchent sur les réformes entreprises dans le domaine de la politique vis-à-vis des réfugiés et demandeurs d’asile ainsi que sur la mobilisation de nombreux Allemands.

Diverses personnalités du monde politique, de l’Eglise et de la société civile condamnent les manifestions du mouvement anti-islamiste et xénophobe “Pegida”.

Hier soir à Cologne, la cathédrale et la vieille ville sont restées dans le noir. Les responsables politiques et ecclésiastiques avaient décidé de renoncer aux illuminations habituelles pour ne pas permettre au mouvement Pegida, les “Patriotes européens contre l’islamisation de l’occident ” de mettre en scène une manifestation dans des coulisses historiques. La plupart des journaux y voient là un signal positif contre la xénophobie. Le quotidien Rheinische Post souligne qu’il “est rare que des représentants de l’Eglise et des partis politiques, prennent aussi clairement et unanimement position au-delà des barrières confessionnelles et politiciennes. Une décision courageuse et louable. Mais il serait souhaitable aussi de mettre en place une politique coordonnée à l’échelle européenne pour les réfugiés et qui montrerait aux manifestants lassés de la politique que leurs peurs sont irrationnelles et qu’il ne faut pas se laisser manipuler par des populistes, conclut l’éditorialiste.”

Le journal à grand tirage Bild publie l’appel d’une cinquantaine de personnalités, appel titré “Non à Pegida” et qui plaide pour la tolérance. Parmi les signataires figurent entre autres les anciens chanceliers Helmut Schmidt et Gerhard Schröder.

Améliorations pour les demandeurs d’asile en Allemagne

L’Allemagne est la première destination pour demandeurs d’asile et les réfugiés en Europe. Les amendements apportés à la législation allemande à leur égard sont un autre thème traité dans les quotidiens ce mardi.

Les règles pour les réfugiés en matière d’assignation à résidence ont été assouplies et les délais d’attente avant d’avoir le droit de travailler, réduits de 9 à 3 mois. Selon la taz, la tageszeitung, cela est positif, mais encore insuffisant. Car des « boulots » simples à la chaîne comme dans les années 60, sans qualification spéciale et sans devoir maîtriser la langue allemande, cela n’existe plus. Par ailleurs, il est naïf de croire que l’on peut simplement puiser le besoin en main d’œuvre qualifiée dans le réservoir des demandeurs d’asile. Car les étrangers qualifiés doivent maîtriser l’allemand pour exercer leur profession. Selon nombre d’experts, deux ans au moins d’apprentissage de la langue sont nécessaires pour cela, et sur le plan professionnel il faudrait mettre en place une formation continue et des stages pratiques. La Bavière est un exemple positif, relève la taz, mais de gros efforts restent à faire dans la plupart des Etats régionaux allemands.

Par ailleurs, selon la FAZ, la Frankfurter Allgemeine Zeitung, un système d’immigration mieux adapté aux besoins du marché du travail allemand augmenterait la disponibilité de la population à mieux accepter les nouveaux arrivants. Cela pourrait aussi résoudre dans un avenir proche le manque de personnel qualifié dû à la faible démographie en Allemagne, conclut la FAZ.

 

Auteur: Philippe Pognan

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