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Les républicains ont remporté mardi les élections de mi-mandat aux Etats-Unis. Selon des projections, ils ont pris le contrôle du Sénat et confirmé leur majorité à la Chambre des représentants.

Les adversaires du président démocrate contrôlent désormais entièrement le Congrès, ce qui les place en position de dicter le programme parlementaire pour les deux dernières années de Barack Obama à la Maison-Blanche.

Leurs priorités seront économiques, avaient-ils annoncé avant les élections. Des dizaines de lois «pro-croissance» sont prêtes pour autoriser la construction de l’oléoduc Keystone XL entre le Canada et le golfe du Mexique, doper la production de gaz naturel, aider les petites entreprises et réduire les réglementations.

«Cette expérience de trop d’Etat a suffisamment duré. Il est temps de changer de direction! Il est temps de remettre le pays sur la bonne voie!», a annoncé après sa propre réélection le sénateur républicain Mitch McConnell. Il est appelé à incarner en tant que chef de la majorité du Sénat l’opposition à Barack Obama.

Au moins six gains au Sénat

Après avoir reconquis la chambre en 2010, les républicains sont désormais revenus au pouvoir au Sénat, en passant de 45 à au moins 51 sièges sur 100, selon les projections des télévisions américaines. Une sénatoriale restait en suspens en Louisiane, où un second tour aura lieu le 6 décembre.

Mais les élections ont pris la forme d’un avertissement envoyé par des Américains fatigués de quatre années d’une guerre de tranchées parlementaire. Aucune réforme d’ampleur n’a été adoptée par le Congrès divisé, notamment sur l’immigration qui reste un dossier brûlant, avec plus de 11 millions de sans-papiers installés aux Etats-Unis.

Les sondages de sortie des urnes montraient un électorat désabusé: 79% des personnes ayant voté désapprouvent le travail du Congrès, et deux tiers estiment que le pays va dans la mauvaise direction. Moins d’un sur trois se dit satisfait de l’administration de Barack Obama, un chiffre équivalent pour les dirigeants du parti républicain au Congrès, selon CNN. Seuls 22% croient que la prochaine génération d’Américains vivra mieux que la génération actuelle.

Nouveau Congrès le 3 janvier

Les démocrates ont sauvé leur siège du New Hampshire, où la sénatrice Jeanne Shaheen a été réélue. Les candidats républicains ont repris aux démocrates les sièges de Virginie-Occidentale, du Dakota du Sud, du Montana, d’Arkansas, du Colorado, et de l’Iowa.

Barack Obama, qui ne s’est pas exprimé mardi, a invité les responsables du Congrès à la Maison-Blanche vendredi, selon son porte-parole. Le nouveau Congrès commencera son mandat le 3 janvier, et d’ici là ce sont les élus actuels qui continueront à siéger. Le président finira ainsi son mandat avec le parti adverse contrôlant les deux chambres du Congrès, comme avant lui George W. Bush, Bill Clinton, George Bush et Ronald Reagan. Les élections de mi-mandat ont traditionnellement pris la forme de votes sanctions contre le parti au pouvoir à la Maison-Blanche. Ni la baisse du chômage à 5,9%, au plus bas depuis six ans, ni la robuste croissance du PIB, 3,5% au troisième trimestre, ni sa réforme du système de santé ne semblent avoir été mis au crédit du démocrate.

Manque de leadership

L’accumulation de controverses et scandales (révélations sur l’agence d’espionnage NSA, ciblage politique par le fisc, dysfonctionnements des hôpitaux militaires, afflux d’immigrés clandestins à la frontière mexicaine, contaminations d’infirmières américaines par Ebola), et de crises à l’étranger (Ukraine, Syrie) n’a fait que renforcer la perception d’un manque de «leadership» à la Maison-Blanche.

Reste à savoir ce que feront les républicains de leur majorité. Les responsables du parti sont conscients que Barack Obama conserve son pouvoir de vêto. Il ne promulguera vraisemblablement pas de lois démolissant les grands chantiers de sa présidence, à commencer par sa réforme du système de santé, Obamacare.

Mais les dissensions internes au parti républicain sont notoires, et rien n’indique que les élus du Tea Party, comme le sénateur texan Ted Cruz, soient prêts à tendre la main aux démocrates.

 

 

 

Ats/Afp

 

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