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Au-delà des barrières linguistiques et des traditions académiques, l’Afrique doit arriver à une harmonisation des programmes d’enseignement supérieur en vue de promouvoir la mobilité des étudiants, de lutter contre la fuite des cerveaux et de développer le continent. C’est la conviction du président sénégalais.

En ouvrant, hier, les travaux du sommet continental sur la revitalisation de l’enseignement supérieur en Afrique, le chef de l’Etat, Macky Sall, a appelé à « l’édification d’un espace commun ». « Le moment est venu d’œuvrer, de manière plus concrète, à l’édification d’un espace africain de l’enseignement supérieur et de la recherche », a déclaré le président Sall. « Nous pouvons y arriver par l’échange d’expériences, la mutualisation des moyens et la vulgarisation des meilleures pratiques. Il s’agit, en somme, de faire communiquer nos systèmes nationaux au-delà des barrières linguistiques et des traditions académiques », a-t-il ajouté.

L’objectif est d’avoir des systèmes d’enseignement supérieur capables de porter le développement du continent par « la maîtrise du savoir et du savoir-faire, l’appropriation de la science et de la technologie ». Relever ce défi passe par un accès plus important à l’enseignement supérieur en Afrique, a estimé le chef de l’Etat qui souligne que seuls 7 % des Africains accèdent à l’enseignement supérieur contre 76 % en occident et une moyenne mondiale de 29 %. D’où, selon lui, les raisons d’engager des réformes, estimant que « la question est cruciale, parce qu’elle engage le devenir de notre continent, à l’heure où le savoir et le savoir-faire déterminent plus que jamais le progrès des peuples ».

D’autant, a relevé le président Sall, « l’Afrique est à la croisée des chemins, avec une population jeune, face aux défis de la paix, de la sécurité et du développement ». Reconnaissant que « l’exercice de réforme et de revitalisation n’est pas aisé, parce qu’il remet en cause des certitudes et des traditions établies », le président Macky Sall préconise « une démarche concertée, une pédagogie du dialogue et du partenariat. » Il a insisté sur le fait que la question de l’éducation et de la formation doit rester au cœur des politiques publiques. « C’est un impératif de premier ordre », a-t-il lancé. Le chef de l’Etat s’est engagé à soutenir l’initiative de l’Union africaine et a plaidé, auprès de ses pairs, la validation de l’harmonisation des programmes d’enseignement supérieur en Afrique en vue de promouvoir la mobilité des étudiants et de lutter contre la fuite des cerveaux. Pendant trois jours, des sommités de divers secteurs d’activités qui s’intéressent à l’éducation et à la formation sur le continent échangeront sur les questions essentielles qui traversent l’enseignement supérieur en Afrique et les réformes nécessaires pour en faire un levier de développement. Toutefois, des participants ont insisté sur le fait que cette rencontre ne doit pas être une de plus mais elle doit déboucher sur des recommandations à appliquer.

Nkosaza Dlamini Zuma, presidente de la Commission l’Ua : «Régler la question de l’enseignement supérieur pour développer le continent»

La présidente de la Commission de l’Union africaine, Nkosaza Dlamini Zuma a présenté hier le discours d’ouverture du sommet sur : «L’enseignement supérieur et l’agenda de l’Ua pour l’Afrique à l’horizon 2063». Elle estime qu’il est urgent de régler la question de ce secteur pour le développement du continent.

«On parle de revitalisation de notre enseignement supérieur. Mais notre continent ne pourra pas se développer, devenir prospère et dynamique, si nous ne réglons pas la question de l’enseignement supérieur», a déclaré Nkosaza Dlamini Zuma, présidente de la Commission de l’Union africaine. Elle prononçait, hier, le discours d’ouverture du sommet portant sur « l’enseignement supérieur et l’agenda de l’Ua pour l’Afrique à l’horizon 2063 ». Elle a souligné que les pays qui sont sortis du sous-développement, ont pu relever le défi de l’investissement dans l’enseignement supérieur. Pour Mme Zuma, dans un contexte de pénurie de compétences et de diplômés sans emploi, les Africains doivent discuter sur les buts de l’enseignement supérieur. Relevant un accès plus important à l’enseignement supérieur, la présidente de la Commission de l’Ua estime qu’en dehors de la mise en place des universités physiques, il faut mettre à contribution les nouvelles technologies et créer des universités virtuelles. Elle pense aussi que l’harmonisation de l’enseignement supérieur est un projet pour promouvoir la mobilité et va dans le sens dynamique du passeport africain pour éviter la fuite des cerveaux. L’Afrique, soutient Mme Zuma, a besoin d’une révolution des compétences et doit également envisager de renforcer le volume de la formation professionnelle. Revenant sur l’agenda 2063, elle explique que c’est un plan endogène pour l’Afrique qui inclut plusieurs plans nationaux. Il s’agit, selon elle, d’un agenda ambitieux qui associe plusieurs partenaires pour assurer une mission panafricaine dans un continent prospère. La présidente de la Commission de l’Ua est d’avis que l’intégration est très importante. C’est dans ce cadre qu’il est prévu la création d’un passeport africain pour une libre circulation des personnes. Elle a évoqué aussi le projet ambitieux avec la Chine pour relier les capitales africaines.

Aicha Bah Diallo, presidente de Trust Africa : « Renforcer les différentes solidarités en Afrique »

Aïcha Bah Diallo, présidente du conseil d’administration de TrustAfrica, a souligné la nécessité d’un dialogue urgent entre les universités et les entreprises. Selon elle, il faut encourager et renforcer les différentes formes de solidarités en Afrique pour améliorer l’enseignement supérieur dans le continent. Elle estime que l’Afrique a besoin de mécanismes pour renforcer la gouvernance, les technologies et les mathématiques. Avec les technologies, soutient-elle, l’enseignement supérieur va se transformer. Elle a réitéré l’engagement de TrustAfrica dans le processus de transformation de l’enseignement supérieur.

Pour y arriver, elle a plaidé la participation de tous les acteurs en vue d’arriver à un consensus. Evoquant l’avenir de l’agenda 2063, Aïcha Bah Diallo souligne que les Africains doivent se mettre ensemble en développant une stratégie globale, en s’appuyant sur les progrès réalisés et en adhérant aux principes panafricains.

Mamadou GUEYE?et Aliou KANDE (textes), Mbacké BA (photos)

Africpost avec lesoleil

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