Beaucoup d’Egyptiens voient en Abdel Fattah al-Sissi, le nouveau Nasser.

Abdel Fattah al-Sissi, le candidat favori à la présidentielle égyptienne prévue les 26 et 27 mai,  vire à gauche. L’ex chef de l’armée a annoncé, le 20 mai, qu’il compte sur un rôle renforcé de l’Etat dans l’économie pour lutter contre la pauvreté, qu’il place, avec la sécurité, en tête de ses priorités. « L’Etat doit contrôler et s’engager dans la planification, l’organisation et la réalisation des projets», a plaidé celui qui avait mis fin à une année de présidence de l’islamiste Mohamed Morsi en juillet dernier.

M. al-Sissi a également promis de travailler à encadrer les prix dans un pays où 40% de la population, soit quelque 34 millions de personnes, vivent en deçà ou autour du seuil de pauvreté (2 dollars), selon le gouvernement.

M. Sissi a aussi récemment prévenu le secteur privé qu’il souhaitait créer un mécanisme de contrôle des prix l’obligeant à «réduire sa marge de profit» et à satisfaire de nouveaux marchés de produits à bas coût, laissant entendre que l’armée pourrait en être un des acteurs.

Dans un entretien à un quotidien gouvernemental, M. Sissi a appelé les hommes d’affaires à «mettre en place un compte pour financer des projets», martelant: «Tout le monde doit payer ». Ce fond s’élèverait, selon la presse locale, à 10 milliards d’euros.

Le gouvernement intérimaire actuel, au sein duquel M. Sissi avait occupé  la fonction de ministre de la Défense avant de démissionner pour se présenter à la présidentielle, prépare par ailleurs une nouvelle taxe de 5%, sur trois ans, sur les hauts revenus, selon le ministère des Finances.

Les attentes sont grandes en Egypte où des millions de manifestants avaient réclamé, fin juin 2013, le départ du président Morsi, accusé d’avoir échoué à redresser l’économie après la révolte de 2011 qui avait elle même clos trois décennies de pouvoir absolu de Hosni Moubarak, marquées par la corruption et l’accroissement des inégalités sociales.

L’ex chef de l’armée, qui devrait largement l’emporter les 26 et 27 mai face à son unique rival, le leader de gauche Hamdeen Sabbahi,  héritera d’une économie exsangue. Les chiffres officiels indiquent que l’inflation atteint 11,9% et le chômage, 13%. Selon la Banque africaine de développement, ce taux atteint même 39% chez les 20-24 ans. La dette intérieure égyptienne est estimée à 172 milliards d’euros, soit 87,5% du produit intérieur brut, grevant un peu plus le déficit qui grimpe à 13% du PIB.

La dette extérieure culmine désormais à 33,5 milliards d’euros, tandis que les revenus du tourisme, un secteur vital qui employait plus de quatre millions d’Egyptiens, ont été divisés par deux: 4,2 milliards d’euros en 2013, contre plus de neuf milliards en 2010.

Agence Ecofin

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