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La communauté sénégalaise établie dans la capitale de la République Islamique de Mauritanie fait ces dernières années état de plusieurs cas de traitements inadmissibles. La majorité est ici d’une population analphabète et sans professions. La pauvreté et le chômage obligent ces familles de quitter le pays de la terranga pour découvrir certains pays de la sous région à la quête d’une meilleure condition de vie.

A Nouakchott, on retrouve ces étrangers un peu partout et qui évoluent dans les métiers très difficiles comme la maçonnerie, le commerce, la restauration, les travaux domestiques entre autres. Ils habitent souvent dans les quartiers précaires où il n’est pas facile de trouver de robinets, de grandes écoles pour assurer une bonne éducation de leurs enfants et de l’assainissement. Ils se réfugient à Kouva, Médina Trois, Basra, Nektek, 5ème et 6ème parce qu’ici le train de vie est moins coûteux par rapport à d’autres quartiers comme Tavragh Zeina, capitale pour ne citer que ces deux. Pour des besoins de scolarité, les enfants ne peuvent s’inscrire que dans les écoles privées ou de rentrer au Sénégal durant l’année scolaire.

Ces quartiers concentrent majoritairement des étrangers, c’est pour cette raison que les policiers et les gardes sont quotidiennement présents dans ces lieux pour effectuer des rafles  et des perquisitions à tout moment. Les arrestations et les contrôles touchent aussi bien les étrangers que la communauté négro mauritanienne. Ces individus ont l’habitude de changer leurs uniformes pour se ressembler avec les meures, le vestimentaire en melfé(habit).

Un journaliste de Africpost s’est rendu à Nouakchott pour constater les faits sur place.

Bara, un ressortissant de Touba, mécanicien nous livre ces informations dans un restaurant de la place : c’est vrai ! Nous vivons actuellement une situation très difficile surtout avec les cartes de séjour. Nous n’avons jamais refusé de payer la carte de séjour mais le problème qui se pose c’est qu’on nous demande souvent des dossiers presque impossibles de réunir, l’argent est toujours disponible pour l’obtention du titre de séjour puisque le prix est de 30.000UM. Récemment, on nous dit que les cartes sont suspendues jusqu’à nouvel ordre et ainsi nous somme obligés de nous déplacer jusqu’au poste frontalier de Rosso pour la devise qui coute 6.000UM et valable trois mois sans compter les frais supplémentaires liés au transport et l’arrêt de nos activités.

Plus loin, il nous raconte son arrestation : J’ai été une fois arrêté avec d’autres personnes, en cours de route on nous propose de donner 15.000UM pour nous libérer immédiatement à défaut d’obtempérer, arrivé au lieu de détention, la somme s’élève à 20.000UM.  Si on refusait de payer, le lendemain on nous renvoie au Sénégal et maintenant avec les échanges en monnaie, si par accident, on n’arrive pas à payer la somme demandée, on nous garde à Bagdad dans des conditions pénibles pendant des semaines avec comme alimentation quotidienne le pain et de l’eau.

Le seul apport que notre ambassadeur nous a fait c’est des nous livrer aux policiers mauritaniens pour nous réprimer lorsque nous avons fait un rassemblement devant notre ambassade pour aviser l’opinion publique de notre calvaire ajoute-t-il.

Modou  FAYE, Un commerçant ambulant, tient un sac à main dans lequel ses articles sont rangés estime : nos compatriotes sont confrontés à des problèmes de séjour par contre nous les marchands ambulants, nous n’avons pas beaucoup de problèmes avec les cartes de séjours car nous faisons des allers et retours par quinzaine de jours. Nous amenons des marchandises du Sénégal pour les vendre ici raison pour laquelle nous ne payons pas de séjour, nous disposons papiers de devise qui sont  valables pour trois mois. D’habitude, je ne dépasse pas une vingtaine de jours.

Ce commerçant porte la voix des sans voix par : Nous cherchons de l’aide auprès des autorités compétentes, les cartes d’identité sénégalaise qui sont expirées n’ont fait qu’augmenter les difficultés rencontrées par la communauté sénégalaise établie à l’étranger.

Je remercie le bon Dieu, des fois, nous en tirons des bénéfices, c’est ce qui nous permet de subvenir à nos besoins et de donner une main forte à nos parents. Je n’ai jamais été arrêté. Quand on est à l’étranger, on doit tout subir mais l’importance c’est de contrecarrer tous les obstacles pour avoir ce qu’on a besoin et si on ne peut s’imposer il est normale de renter au pays c’est mieux estimes-t-il.

Pour finir, Je conseille tous les sénégalais qui ne sont pas en règle d’essayer de respecter les mesures prises par les autorités rimiennes ou de rentrer, l’ambassade du Sénégal doit aussi accompagner ces ressortissants.

Une restauratrice, sous couvert de l’anonymat se plaint: tout ce que nous avons besoin c’est d’avoir une aide de la part des autorités qu’elles soient de Mauritanie ou de Sénégal. Nous somme là pour travailler et les conditions ne sont pas du tout favorables du fait des rondes à cause d’un titre de séjour.  La dame formule une requête en ces termes : Nous demandons la diminution à moitié du prix de la carte parce que renouvelable chaque année. On demande aussi à nos enfants qui n’ont même pas de carte d’identité de présenter le titre de séjour ou les papiers de devise alors que pour l’avoir, il faut obligatoirement la carte d’identité.

La semaine dernière on a arrêté deux de nos enfants, l’un a réussi à débloquer 20.000UM pour rester sur le territoire et l’autre a été expulsé parce qu’il n’a pas de titre de séjour. D’ailleurs, en renvoyant les sans papiers vers le Sénégal, ils ne cherchent même pas à distinguer les sénégalais des autres. Les autorités sénégalaises doivent prendre leurs responsabilités pour ne pas accepter d’être un pays où tous les étrangers qui ne disposent pas de papiers peuvent trouver leurs comptes et c’est dangereux surtout que la sous région fait face à des groupes armés, les terroristes. J’aimerais que notre gouvernement trouve avec celui de la Mauritanie des solutions mieux adaptées à la cohabitation raconte-t-elle.

Nous pouvons dire que maintenant nous ne travaillons que pour les gardes. En plus, ils profitent de l’expiration des cartes d’identité sénégalaises pour tirer profit et ceci n’arrange pas les émigrés fait-elle savoir.

Ndeya FALL, une jeune fille de teint noir, travaille dans un hôtel de la place déplore les rafles et demande à ce qu’on laisse les étrangers en paix. On m’a une fois arrêté et on m’a demandé des pièces, lorsque ma mère s’est présentée pour justifier que je suis mauritanienne, on m’a laissé partir. La plus part des cas, on demande à ceux qu’on paie de l’argent pour bénéficier de la libération et cela sans que les autorités ne soient au courant.

Les bonnes venant du Sénégal et qui travaillent pour les berbères n’ont pas beaucoup de complications vu que ces derniers les règlent des papiers pour résider aisément et les garantissent. Les meurs sont gentilles et s’ils arrivent à avoir ta confiance, ils te font tous pour te permettre de s’expatrier sans peine et d’avoir un revenu qui te couvrira ainsi que ta famille restée au Sénégal fait-elle constater.

O.G Ba

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