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Dans l’arrondissement de Ngoura, département du Lom et Djerem, région de l’Est Cameroun, ce n’est plus la lune de miel entre les populations locales et les exploitants miniers. Au cours d’une Assemblée générale des chefs traditionnels, couverte par le quotidien privé Mutations, les autorités traditionnelles de l’arrondissement de Ngoura, véritable terreau de l’exploitation de l’or dans la région de l’Est, ont dénoncé devant le sous-préfet, Jules Adam Tomboka, l’accaparement de leurs terres par des exploitants miniers.

Ces chefs traditionnels ont d’ailleurs mis en garde l’autorité administrative sur les risques de détérioration du climat social dans cet arrondissement, les populations étant en colère à la fois contre ces exploitants miniers et les autorités traditionnelles. Les seconds sont, en effet, soupçonnés de complicité avec les premiers.

Selon les plaignants, en plus de n’avoir aucune considération pour les chefs traditionnels, des exploitants miniers installés dans l’arrondissement de Ngoura «profitentdes permis d’exploitation à eux délivrés par l’administration camerounaise, pour s’approprier des milliers d’hectares de terrain dans les villages. Nombre de ces terres sont d’ailleurs bornées et vendues à des expatriés. A la surprise de tous, les populations des villages sont littéralement chassées des zones d’exploitation jadis à leur portée».

A en croire Alexandre Vamang Ndozeng, président de la commission de gestion de la retenue minière dans l’arrondissement de Ngoura, «les populations riveraines ne perçoivent rien». Et d’ajouter : «ce qui fait le plus mal, c’est que nos populations n’ont plus accès aux mines d’or. C’est à se demander si ces dernières peuvent encore, un jour, jouir de leurs droits légitimes sur les terres de leurs ancêtres». Face à ces inquiétudes des populations, les chefs traditionnels sollicitent l’annulation pure et simple des permis d’exploitation à l’origine des tensions sociales actuelles.

Pour rappel, le gouvernement camerounais a récemment suspendu la délivrance, le renouvellement et toutes les autres transactions sur les autorisations d’exploitation minière artisanale sur l’étendue du territoire. La décision prise le 14 mai 2014, apprend-on, de bonnes sources, va courir sur une période de six mois, c’est-à-dire jusqu’en novembre 2014. Cette mesure conservatoire, renseigne-t-on au ministère des Mines, vise à mettre un terme à la cacophonie observée autour de l’exploitation minière artisanale dans le pays.

Agence Ecofin

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