Pour que l’infrastructure reçoive des investissements, il faut des projets bien conçus et solides, qui pourront être appuyés en toute confiance par les pouvoirs publics et les investisseurs privés. Mais les projets de ce type étant rares dans le monde, les investissements d’infrastructure restent largement inférieurs à la demande : le déficit infrastructurel (a) qui en résulte se chiffrerait à 1 000 milliards de dollars par an. Dans les pays en développement les plus pauvres, la situation est pire : depuis 2012, l’investissement privé dans l’infrastructure (a) ne cesse de diminuer et des milliards de personnes se retrouvent privées de services essentiels, comme l’électricité, l’eau potable ou l’assainissement.

Aider les pays à réaliser des projets viables dans l’infrastructure

Le rôle de catalyseur du développement économique et social que joue l’investissement dans les infrastructures n’est plus à prouver. C’est pourquoi le Private Infrastructure Development Group (PIDG) (a), qui compte parmi ses membres (a) sept pays et le Groupe de la Banque mondiale, cherche à remédier au manque de projets d’infrastructure.

Le PIDG se compose de huit sociétés (a) fonctionnant de manière indépendante, chargées de concevoir et de financer des projets d’infrastructure commercialement viables dans les pays en développement en recourant à diverses formes de participation privée. Ainsi, InfraCo Africa (a), InfraCo Asia (a), Emerging Africa Infrastructure Fund (a), GuarantCo (a) et Green Africa Power (a) identifient des opportunités d’investissement et réalisent parfois des études de faisabilité.

Atteindre les pays les plus pauvres

Pour élaborer des projets viables dans les pays les plus pauvres, il est souvent nécessaire de mener des études supplémentaires, de renforcer les capacités et d’accorder des financements sous forme de subventions. L’ampleur et la complexité de ces travaux additionnels dépassent largement le cadre de la préparation standard d’un projet. L’utilisation que le PIDG fait de ce type de financement est donc essentielle :

  • Le Fonds d’assistance technique (TAF) (a) est consacré aux aspects liés à la réforme juridique et réglementaire. Il accorde des financements de démarrage, mais aussi des subventions qui aident les sociétés du PIDG à réaliser des études importantes et souvent onéreuses, à étoffer les capacités, à appuyer la réforme des institutions et des politiques publiques, et, dans certains cas, à aider l’État à couvrir initialement les dépenses de subventions.
  • Le DevCo (a) utilise les subventions pour financer la création de partenariats public-privé (PPP) dans les pays les plus pauvres. Géré par les services-conseil de la Société financière internationale (IFC) (a) en matière de PPP, ce fonds accompagne les pays dans l’évaluation des projets potentiels, dans la structuration de PPP viables tout en apportant un appui et en renforçant les capacités à la suite de la signature d’un accord de PPP.

Ce travail est difficile et onéreux. Pour chaque grand projet, il faut notamment réaliser des études techniques, juridiques, économiques, sociales et environnementales, ainsi que des études de référence. En outre, dans les pays les plus pauvres, les autorités partenaires ont aussi besoin d’aide, entre autres, pour structurer les transactions, négocier les contrats, communiquer avec les parties prenantes, accéder aux marchés, mener des réformes juridiques et réglementaires.

C’est pourquoi ce type de financement revêt une telle importance. Il permet aux pays de remédier à l’insuffisance de capacités, un impératif si l’on veut que les projets d’infrastructure qui déboucheront sur le développement économique et social soient menés de façon optimale. Depuis la fin de 2015, le TAF et le DevCo ont intensifié leur collaboration en vue d’aider les autres sociétés du PIDG à repérer les projets viables dans les pays les plus pauvres et à réaliser leur bouclage financier.

Une collaboration mondiale

Le PIDG n’agit pas seul. De nombreuses organisations multilatérales de développement sont conscientes du problème posé par les projets d’infrastructure et cherchent à le résoudre. Citons notamment la Plateforme globale pour l’infrastructure (a) du Groupe de la Banque mondiale, un partenaire stratégique du PIDG, le Global Infrastructure Hub (a) et le Partenariat pour l’investissement dans le développement durable (a), financé par le Forum économique mondial. À la fin du mois de mars, le PIDG participera à une conférence organisée par le ministère britannique du Développement international (DFID) et le Groupe de la Banque mondiale. Des représentants des pouvoirs publics, des organismes de développement et du secteur privé se réuniront en vue de trouver de nouvelles solutions pour investir et atténuer les risques qui entravent les investissements dans l’infrastructure sur les marchés difficiles.

Dans le monde en développement, les besoins infrastructurels sont immenses. Et les pouvoirs publics, les organisations non gouvernementales (ONG), les banques de développement, le secteur privé et d’autres institutions multilatérales doivent impérativement collaborer afin que tout le monde ait accès aux infrastructures et aux services essentiels pour relancer l’économie et mettre définitivement fin à la pauvreté. Nul doute qu’avec un vivier de projets susceptibles d’être financés et prêts à recevoir des investissements, on pourra faciliter ce processus et permettre à un plus grand nombre de personnes de bénéficier plus rapidement d’un développement durable.

Philippe Valahu
La Banque Mondiale

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