africa-competitiveness-report-2015---240pxPour les experts du Forum économique mondial (World Economic Forum, WEF), l’Afrique, qui continue d’enregistrer des taux de croissance de près de 5 %, pâtit de faibles performances en termes de productivité et demeure peu attractive. C’est du moins ce qui ressort du dernier rapport annuel sur la compétitivité mondiale, rendu public mercredi 30 septembre. L’organisateur du Forum de Davos estime que beaucoup d’efforts restent à fournir sur le plan des réformes structurelles pour bâtir sur le continent des économies plus diversifiées et valoriser des potentiels encore inexploités.
Ce rapport met en lumière les grandes disparités entre les pays africains, aux capacités de productivités qui restent généralement basses, hormis des exceptions, telles que l’Afrique du Sud (classée 49e) ou Maurice (46e). Et des pays tels que le Rwanda (58e) ou le Botswana (71e). La France, elle, progresse d’un rang et se classe 22e, le pays le plus compétitif au monde, selon le WEF, restant la Suisse.

Les atouts de l’Afrique du Sud
Pour la première fois depuis quatre ans, l’Afrique du Sud est en hausse dans ce classement. En particulier grâce au développement du secteur de l’information et des technologies, qui surfe sur une hausse de l’accès à Internet et génère de l’innovation (dans ce domaine, l’Afrique du Sud est au 38e rang, en hausse de cinq places). Le marché financier sud-africain reste le plus performant du continent, de même que ses infrastructures et ses institutions. Mais, tout comme pour le Rwanda, les experts du WEF s’inquiètent de l’accès à l’électricité et de la piètre qualité du système éducatif (120e rang) qui pourrait bien être incapable de fournir la main-d’œuvre qualifiée nécessaire à la poursuite de la croissance et du développement.
La Côte d’Ivoire a également nettement amélioré sa position, passant de la 115e à la 91e place. Les analystes du WEF constatent « une amélioration des marchés financiers et des conditions de la concurrence » et une concrétisation des politiques économiques audacieuses annoncées par le président, Alassane Ouattara, qui brigue un second mandat lors de l’élection du 25 octobre.

Le cas désespérant de la Guinée
Le Nigeria est passé du 127e au 124e rang. Ce qui reste bas en matière de compétitivité pour la première économie du continent. Les experts du WEF restent prudents à l’égard de ce géant africain, malgré une appréciable réduction de la dette et du déficit couplée à une amélioration du climat d’affaires. Toutefois, en matière d’infrastructures, le Nigeria se classe au 133e rang. Et les conditions de travail des salariés restent préoccupantes, tandis que le niveau d’éducation de la main-d’œuvre est problématique et « empêche l’accomplissement de son potentiel ».
Tout en bas du classement, au 140e rang, figure la Guinée, qui n’est pas parvenue à transformer son important potentiel minier ni à stabiliser une économie considérablement fragilisée par l’épidémie Ebola. Sa compétitivité reste basse; ce qui risque de peser encore un peu plus sur une économie largement dépendante des bailleurs internationaux et soumise à la volatilité des cours de matières premières.

Par Joan Tilouine

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