Comptoir_podor

Dans le département du Podor se trouve une bande de terre d’une superficie de 1250km. Dans cette partie du Sénégal y vivent 90 mille âmes réparties dans 100 villages, coincées entre le fleuve Sénégal et son affluent, le Doué. Ces habitants ont d’énormes difficultés liées surtout à l’enclavement de la zone. Voyage au cœur d’une ile laissée à elle-même.

L’ile à Morphil est décrite comme l’une des zones les plus pauvres et les plus enclavées du pays. L’enclavement a fini de rendre la vie très difficile dans cette partie du Sénégal. Sous une chaleur accablante d’un mois d’octobre pas comme les autres dans le fouta .Il est 9h à Dodel ,chaleur est son comble avec un temps sec, le bus des voyageurs venant de Dakar vient juste de garer. Parmi ceux qui sont descendu de ce bus, certains sont arriver a quai et d’autres doivent reprendre le chemin. Ils viennent de parcourir le plus facile, maintenant reste le calvaire pour arriver chez eux dans les profondeurs du fouta sur la frontière entre le Sénégal et la Mauritanie. A la gare de Dodel, des charrettes sont garées et attendent des clients qui continuent vers l’ile à Morphil. La le prix d’une charrette peut dépasser le prix d’un voyage pour Dakar et pourtant entre Dodel et l’ile à Morphil, le parcours n’est pas si long ” Ici nous transportons les clients vers l’ile à Morphil. Il nous arrive parfois pour un seul voyage de taxer 10000 frs cfa à un client surtout s’il est seul. La cherté du transport s’explique par l’enclavement. Dans cette partie du fouta il n’ya pas de bonnes routes. En période d’hivernage, c’est la catastrophe, il est impossible de sortir de la zone nous dit Amadou (chauffeur de charrette). “Ces propos se confirment quelques minutes lorsque deux amis viennent demander à un des chauffeurs de les transporter à Demétt, un village de l’ile à Morphil. Sous l’arbre, le chauffeur et les clients palabrent mais difficilement. Pour les clients, il n’est pas question de payer aussi cher. “Nous venons de Dakar, nous avons payé 7000 frs cfa jusqu’ici – ils veulent nous faire payer 8000 frs cfa pour aller dans un village qui se trouve presque a une trentaine de kilomètres d’ici – c’est pas raisonnable. C’est vrai qu’il est très difficile d’accéder dans ces villages de l’ile à Mophil mais quand même les transporteurs doivent aussi aider les clients. ” Finalement un accord est trouvé entre clients et passagers après de très longues discussions. D’autres sont venus s’ajouter entre temps aux deux clients. La charrette est complete, les clients sont au nombre de 6. Je viens m’ajouter pour faire avec eux ce long et périlleux voyage. La fatigue se lisait dans le visage de la plupart de ces voyageurs “Nous sommes très fatigués, nous avons voyagé toute la nuit, j’ai quitté Dakar hier vers 19h et jusqu’à présent je suis pas arrivés chez moi, c’est vraiment difficile” affirme une dame assise à mes cotés. Pour masquer la fatigue certains essaient de détendre l’atmosphère en chamaillant le chauffeur de la charrette. L’homme qui à l’allure d’un adulte de 40 ans n’a pourtant que 32ans. Amadou a pratiqué ce métier de charretiers presque toute sa vie. “Je connais bien la zone, j’ai grandi ici. je gagne bien ma vie dans mon métier qui est maintenant devenu une passion pour moi. “Apres 20 minutes a bord de la charrette, nous voici sur le fleuve Sénégal, nous devons descendre pour passer le premier obstacle: Le fleuve Sénégal.Cette traversée se fera dans des conditions à haut risque .

L’ile à Morphil souffre d’un manque criard d’infrastructures

Dans cette partie du Sénégal, il y’a manque d’infrastrures de base. Les populations ont d’énormes difficultés dans tous les domaines. Les activités économiques sont au ralenti. Sur le plan sanitaire, les populations en souffrent énormément. Dans toute l’ile, il n’y a pas un seul hopital. Pour se soigner, il faut parcourir parfois des centaines de kilomètres. Dans toute l’amorphile, il n’y pas un seul médecin. Le centre de santé de Cas-cas est toujours en construction depuis maintenant 11ans. La pose de la première pierre de ce centre date de 2003 mais n’est pas toujours fonctionnel. Et personne n’a une explication de l’état des travaux. Tantôt on évoque le décès de l’entrepreneur mais personne n’a aucune explication éxacte. Il serait important que les autorités sénégalaises nous disent pourquoi les choses n’avancent pas »a affirmé Idriss Giro sene, habitant de cas -cas. Et Monsieur Séne d’y ajouter «sur la frontière entre le Sénégal et la Mauritanie, une longueur presque de 200 km, il n’y a pas de médecins, il n’y a pas de sages femmes. La situation est alarmante. Nous lançons un appel aux autorités sénégalaises.

La situation de l’éducation est aussi difficile, les collèges et lycées de l’ile à Morphil ne sont pas outillés. Les élèves travaillent dans des conditions tres difficiles. Nous avons certes plusieurs lycées mais ces lycées ne veulent rien dire parce que pour faire nos examens, il faut aller jusqu’à Ndioum qui est très loin d’ici. Dans toute l’ile, il n’ya aucun centre pour les élèves . “Ici,les parents d’élèves sont très fatigués.” nous dit un habitant de Dounguel.

L’ile à morphil, grenier agricole du Sénégal ?

Pourtant cette partie peut être le grenier du Sénégal si elle est bien exploitée. L’ile à Morphil regorge de terres fertiles et est entourée d’eau. La culture du riz peut bien fonctionner dans cette partie du Sénégal. Le plan Sénégal Emergent(PSE) qui a une ambition de faire revenir le Sénégal vers l’agriculture, notre pays dispose de toutes les ressources pour pouvoir arriver a ses fins. Cette bande de terres doit être valorisée par l’Etat du Sénégal pour aboutir à l’autosuffisance alimentaire comme le prône le président Macky Sall dans son programme du Plan Sénégal Emergent (PSE).

BOUDAL NDIATH
JOURNALISTE –CONSULTANT CHEZ AFRICPOST

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