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Pape Diouf, de son vrai prénom Mababa, est un homme au parcours remarquable, attiré davantage par la réussite que par l’argent. Très jeune, il affirme sa volonté de vivre selon ses choix et ses convictions. Son père souhaitant qu’il s’engage dans l’armée française l’envoie à Marseille à l’âge de 17 ans mais Pape Diouf ne l’entend pas de cette oreille. Passionné de sport depuis son plus jeune âge, il devient par un concours de circonstances Journaliste sportif puis agent de joueurs jusqu’à devenir président du club de football le plus populaire de France, l’Olympique de Marseille. ll s’est récemment essayé à la politique en étant tête de liste « Changer la donne » aux dernières élections municipales. Il dit ne pas aimer la politique se sentant trop libre pour être affilié à un parti. Aujourd’hui, parallèlement à ses interventions en tant qu’enseignant à l’école de journalisme qu’il a créé avec Jean-Pierre Foucault, il a un projet qui le tient à cœur : mettre en place une fondation à but social dans la ville de Marseille. Pape Diouf s’est toujours fixé un cap dans sa vie dont ni les vents et marées n’ont réussi à le faire dévier.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?

J’ai commencé par des petits métiers en France. Après avoir refusé de m’engager dans l’armée comme le vœu que mon père avait exprimé en m’envoyant ici. De petit boulot en petit boulot, j’ai fini par me retrouver aux PTT (Les Postes, Télégraphes et téléphones) en tant qu’inspecteur. Et là j’ai pu, grâce à la présence et à l’amitié que m’a vouées un inspecteur de la PTT, travailler à La Marseillaise pour être journaliste du dimanche, journaliste amateur avant de finir, par un jeu de circonstances, à la rédaction et même devenir responsable de la rubrique Football. Ensuite j’ai travaillé pour Le Sport, concurrent de l’Equipe. A la cessation de ce journal fin des années 80, j’étais l’objet d’une amicale pression de la part de Basile Boli et de Joseph-Antoine Bell qui voulaient que je les assiste dans leurs carrières. C’est donc après moultes hésitations que je suis devenu agent de joueurs. J’étais agent des plus grands joueurs pendant une dizaine d’années. Autant au départ je pensais m’occuper uniquement de joueurs africains autant par la suite beaucoup de joueurs blancs sont venus me rejoindre. C’est ainsi qu’au moment de quitter cette profession, je m’occupais de la carrière de 70 joueurs parmi lesquels il y avait Didier Drogba, Marcel Desailly, William Gallas, Grégory Coupet, Sylvain Armand, Bernard Lama….

De cette expérience d’agent, je suis passé à l’Olympique de Marseille, d’abord en tant que manager général et ensuite, assez rapidement, en tant que président.

D’où vous est venue votre passion pour le journalisme sportif ?

J’étais passionné très tôt car je continue à penser que mon goût pour la lecture je le dois à la lecture de périodiques sportifs. J’ai lu très jeune France Football, Football Magazine mais je me suis surtout nourri dans le sérail d’un magazine qui n’existe plus aujourd’hui qui s’appelait « Le Miroir du Football ». Le rédacteur en chef de ce journal qui était François Thébaud reste pour moi le meilleur journaliste sportif que je n’ai jamais vu par ailleurs car il maîtrisait toutes les dimensions du football : tactique et technique mais également social, financier et économique.

Le quartier où j’habitais à Dakar réunissait des gens d’ethnies sociales bien différentes où tous les sports étaient pratiqués : sports collectifs (Volley Ball, Hand ball, Basket, Football), automobile, natation…. C’est aussi dans ce contexte là que j’ai grandi et ai été élevé ; donc le sport était naturellement en moi.

Comment ont réagi vos confrères journalistes et la profession d’agents de joueurs quand vous êtes devenu agent en sachant qu’il peut y avoir conflit d’intérêts entre ces deux corps de métier?

Il y a plusieurs journalistes dont un qui est aujourd’hui malheureusement décédé, Francis huertas avec qui je partageais la même philosophie du football qui n’avaient pas vu d’un bon œil mon passage de journaliste sportif à agent de joueurs car effectivement comme vous le dites il y a peut-être une forme d’incompatibilité. Mais très rapidement, je me suis fixé des règles dans ce métier d’agent dont je ne me suis jamais départi, qui consistaient au respect d’une certaine morale et d’une certaine déontologie. Vous savez il n’y a pas que dans le journalisme où il y a une déontologie. Ayant quitté tous ces métiers, aujourd’hui j’enseigne à nouveau et c’est plus la déontologie que de la génétique que j’enseigne à l’école de journalisme que Jean-Pierre Foucault et moi-même avons créé à Marseille. Je n’ai donc pas eu de problème particulier car tout est une question d’état d’esprit.

Vous avez été l’agent de Samir Nasri qui a annoncé récemment qu’il mettait fin à sa carrière internationale en Equipe de France. Il n’a jamais réussi à s’imposer sur la scène du football mondial dû à des problèmes sportifs mais également relationnels avec certains de ses ex-coéquipiers. Quel regard portez-vous sur sa carrière ?

J’ai été son agent quand il avait seize ans. J’étais un des premiers non seulement à m’occuper de lui en tant qu’agent mais aussi à être son président de club et à lui donner un contrat professionnel.

Samir Nasri est sans doute un des joueurs qui connaissent le mieux l’activité dans laquelle il exerce à savoir le football puisqu’il est passionné, qu’il est très bien renseigné sur ce qui se passe non pas seulement en France mais un peu partout. C’est un garçon qui a une haute limite de lecture sportive.

La deuxième chose que je peux dire c’est que Samir Nasri, très rapidement et très tôt, a pris conscience de ses qualités. Je crois qu’il situe ses qualités très au-dessus de la moyenne. Je crois que le vrai problème de Samir a été parfois de n’avoir pas pu exprimer son potentiel aux vues et aux sues de tout le monde. Et le fait qu’il ait été parfois recadré par la presse et le fait que lui-même se soit aperçu qu’il n’avait pas tout donné de ce que représentait son potentiel, l’a amené parfois à une forme d’agacement qui s’est parfois transformée en une attitude délicate notamment avec la presse.

Autrement c’est un garçon quand on le connait qui est très intelligent, qui a été très bien éduqué contrairement à ce que l’on peut penser. Et même s’il est issu des quartiers Nord de Marseille, ses parents ont mis un point d’honneur à lui inculquer des valeurs, une culture pour avoir une certaine morale : il a été très bien suivi par ses parents. Moi oui parfois je suis un peu surpris par tout ce qui est dit contre lui car je le connais bien. Et je le dis avec beaucoup de force que si Samir a eu parfois des attitudes qui n’étaient pas celles qu’on pouvait attendre de lui c’est parce que lui-même avait pris conscience, et ça c’est un aspect que très rarement j’ai pu lire ou entendre : Samir a été parfois son premier critique, il s’est aperçu souvent qu’il n’était pas au summum de ses possibilités et ça, ça l’amenait effectivement à une forme d’énervement qui pouvait revêtir des aspects répréhensifs.

Quand on connait sa carrière en club et notamment sa saison remarquable l’année dernière à Manchester City, un des plus grands clubs européens. Une part des responsabilités ne s’incombe-t-elle pas au management de l’Equipe de France qui n’a pas su lui donner les clés pour éclore sur la scène internationale?

Un problème de management à la française…Il réfléchit. Très honnêtement je pense que c’est un problème de contexte qui pouvait aussi bien prévaloir en France qu’à l’étranger.

Je pense qu’il a mûri aussi. Il a aujourd’hui 27 ans moi quand je l’ai connu il avait seize ans. Il a par ailleurs démontré ses qualités, il s’est peut-être plus senti à l’aise en club qu’en sélection. Il faut dire qu’en sélection, très rapidement deux ou trois évènements sont venus lui coller une étiquette qui n’était pas forcément la bonne. On se souvient dans le bus de l’Equipe de France quand il s’est assis à la place de Thierry Henry et la manière dont il a répondu à ceux qui lui ont fait la remarque et qui restait un peu une réponse culte à son désavantage. Après vous savez dans ce milieu-là les choses vont vite dans un sens ou dans un autre. Les paroles sont vite déformées ou interprétées mais moi je suis de ceux qui pensent que c’est bien dommage de ce qui arrive aussi bien pour lui que pour l’Equipe de France : ça aurait pu être un mariage victorieux.

Entre 2005 et 2009, vous avez été le président de l’Olympique de Marseille, le club le plus populaire de France.

-Quels sont les meilleurs et les pires moments que vous avez vécus à la tête de l’OM ?

A la tête d’un club comme l’Olympique de Marseille, j’avais l’habitude de dire la chose suivante : On vivait grosso modo 95% d’emmerdements et 5% de bonheur. Mais 95% du temps qu’on passait à la tête du club c’était des emmerdements, des problèmes qu’il fallait dénouer. Je ne peux pas recenser les moments de bonheur que j’ai vécu à la tête de l’OM. Il y en a un dont je me souviens pertinemment c’est en 2007 quand on s’est qualifiés en Champions League alors qu’une semaine auparavant je venais de vivre le plus cruel des désenchantements puisqu’on avait perdu la finale de la Coupe de France face à Sochaux au Stade de France. Et c’est sûrement la plus grande déception que j’ai subi à la tête de ce club. Et la semaine d’après alors que plus personne ne croyait en nous, on gagne face à Saint-Etienne et en même temps Bordeaux perdait sur son terrain face à Nantes et le RC Lens n’arrivait pas à s’imposer face à Troyes. Et donc cette victoire acquise nous a propulsés en Champions League avant la dernière journée de championnat et c’est vrai que c’est un moment très fort que j’ai vécu. J’avais demandé au propriétaire du club, Robert Louis Dreyfus qui était encore sous le coup de la déception de la semaine d’avant, de venir à Saint-Etienne car je lui ai dit qu’on allait réussir quelque chose de fabuleux. Je l’avais dit comme ça et je ne sais toujours pas pourquoi. Ces deux moments extrêmes se chevauchent pratiquement : le plus mauvais souvenir c’est donc un samedi la finale de coupe de France perdue face à Sochaux et le samedi d’après mon plus beau souvenir avec la victoire à Saint-Etienne qui nous permet de se qualifier en Champions League.

-Si vous aviez la possibilité de revenir en arrière qu’est-ce que vous changeriez dans la présidence du club ?

Il y a des détails bien évidemment avec le temps, le recul et l’expérience on se rend compte de la petite erreur qu’on a commise ici ou là, la mauvaise appréciation qu’on a pu faire. Mais très franchement, fondamentalement, je ne changerai rien au management qui a été le mien. Après coup, il est toujours plus facile de dire « si je savais, je n’aurais pas fait ça », surtout en football. Fondamentalement, je ne regrette rien, j’ai mené le club comme je pensais le mener : je suis arrivé, j’ai remis le club sur les rails sportifs, j’ai financièrement restauré la place car il ne faut quand même pas oublier que quand je suis arrivé il y avait un déficit de 35 millions d’euros et quand je suis parti, j’ai laissé dans les caisses plus de 40 millions d’euros avec une qualification en Champions League. Avec un jeu assez alléchant car c’est moi qui ai fait venir Eric Gerets à l’Olympique de Marseille. Eric Gerets a donné une âme à l’équipe et surtout une allure. Ce sont des choses dont je me souviens encore et qui me valent encore aujourd’hui beaucoup de sympathie et même d’amitié je dirai de la part du public marseillais.

-Quelles seraient les conditions pour que vous reveniez à la tête de l’Olympique de Marseille ?

-Ecoutez en me rasant le matin, comme dirait l’autre, je ne me mets pas à penser à revenir à la tête du club. Il faut savoir tourner les pages et c’est quand même un exercice que je sais faire.

Maintenant si vous me posez la question si c’est pour revenir à la tête du club et refaire exactement le travail que j’ai fait pendant cinq ans…Certainement pas. Si demain effectivement, on avait la possibilité de rentrer dans une autre dimension comme par exemple celle du PSG aujourd’hui, une dimension extrêmement élevée sur le plan financier pourquoi pas. Mais bon je ne suis pas là chaque matin à me poser cette question, dans quelle mesure ou condition je reviendrai à la tête du club.

Quelle expérience professionnelle avez-vous préféré? Et Pourquoi ?

Je n’ai pas de préférence dans les trois expériences professionnelles que j’ai eues. J’ai même eu d’autres métiers, ce qu’on appelle des « petits métiers » : j’ai été coursier, manutentionnaire, j’avais à décharger des caisses dans des wagons, camions…

Ensuite je suis devenu journaliste, un métier que j’ai exercé au plus haut niveau parce que dans ce métier là j’ai gagné le prix Martinique qui récompense le meilleur article de l’année donc j’en étais fier et heureux. J’ai été agent de joueurs sans doute un des meilleurs en France et en Europe car au moment où j’ai quitté cette profession j’avais 70 joueurs. J’étais ensuite à la tête de l’Olympique de Marseille où je pense aussi avoir réussi. Non je n’ai pas de métier de prédilection. Même si je dis souvent sous la forme d’une boutade, le seul vrai métier que j’ai exercé est celui de journaliste et que le reste du temps c’étaient des occupations professionnelles. Partout où j’ai été et quoique j’ai pu faire, j’ai essayé de le faire avec le maximum de soin avec le respect intégral des principes et des règles de manière à pouvoir me regarder dans la glace. J’ai été beaucoup plus passionné et attiré par la réussite que par l’argent.

Vous êtes à ce jour la première et l’unique personne de couleur noire à avoir dirigé un club professionnel de football en France et en Europe, quel est votre ressenti face à ce surprenant constat ?

Très franchement je pense que ce sont les jeux des circonstances car je suis convaincu d’une chose il y a beaucoup de noirs que je connais qui sont extrêmement compétents qui ont sans doute de meilleures qualités que moi mais qu’on ne connait pas car ils sont dans des activités où les projecteurs ne sont pas braqués sur eux. Dans l’enseignement, dans la recherche ou dans le business je connais des noirs qui ont démontré des qualités exceptionnelles. Oui le fait d’avoir été le premier et le seul noir à avoir dirigé un grand club n’est pas anodin malgré tout : c’est pour moi une manière de montrer aux jeunes générations que ça reste tout à fait possible car pendant la période où j’étais président de l’OM je suis arrivé à démontrer que j’étais non pas meilleur que les autres mais que je n’étais pas moins bon. Si les nouvelles générations pouvaient arriver à se convaincre de ça, je serais infiniment ravi.

Comment expliquez-vous qu’au niveau des stades de terrain, il y a beaucoup de joueurs noirs qui sont professionnels mais qu’à l’échelle de la hiérarchie des décisions les personnes de couleur noire sont paradoxalement moins visibles?

Pourquoi voulez-vous que dans le sport il y ait une autre démarche que celle que nous vivons tous les jours dans la société française et européenne de manière générale. La société française est discriminante. Si vous retiriez tous les noirs et les arabes du championnat français, il n’y en aurait plus du tout. C’est donc anormal qu’au niveau des décisions, du management il n’y ait pas de noirs ou d’arabes à la tête d’un club de football. C’est plus qu’une anomalie ce n’est pas normal. Mais si vous regardez ce qui se passe dans la société française c’est également la même chose. Citez-moi le nom d’un noir ou d’une personne d’origine maghrébine qui est à la tête d’une société du CAC 40 ou le nom d’un noir ou d’une personne d’origine maghrébine à la tête d’un ministère régalien ou à la tête d’un corps de l’armée important en France. Ça n’existe pas c’est comme ça. La société française est fermée comme une huître contrairement à la société anglo-saxonne qui elle s’est ouverte, contrairement aux Etats-Unis où 60 ans encore les lois ségrégationnistes existaient et où aujourd’hui on peut voir un noir président. En France ce n’est pas du tout le cas, c’est fermé. Donc en sport c’est exactement la même chose. La société qui se fait honneur c’est celle qui met à la place qu’il faut l’homme qu’il faut. C’est simplement de ce point de vue-là qu’il faut se battre, arriver à imposer montrer que chacun a sa place selon ses compétences et son pouvoir.

Si vous aviez un message à transmettre à la nouvelle génération d’origine africaine, quel serait-il ?

Rien n’est impossible dans la vie, il faut savoir se battre. Il ne faut jamais se dire que les choses sont définitivement acquises. Il faut toujours y croire. Ce n’est pas parce qu’on est minoritaire qu’on n’a pas raison. On peut avoir raison et être minoritaire.

Quels sont vos projets ?

Je donne des cours notamment à l’école de journalisme que j’ai créé avec Jean-Pierre Foucault. Je donne des conférences, je participe à des débats. Et ça me va parfaitement.

Pour les dernières élections municipales, vous avez été à la tête de la liste « Changer la donne » composée de membres du « Sursaut », un collectif comprenant des dissidents écologistes et des associations. Souhaitez-vous poursuivre dans le milieu politique ?

Je n’ai pas fait de la politique. La politique ne m’intéresse pas dans la mesure où quand on est militant ou quand on est acteur de la politique on est un moment donné phagocyté par l’idéologie ou on est pris dans une camisole de force parce que le parti ou le mouvement a décidé de faire même si on n’y croit pas même, si on n’est pas d’accord. Ce n’est pas dans ma manière d’être, je suis trop libre d’expression et d’attitude pour faire de la politique. Après ce que j’ai fait dernièrement lors des élections municipales à Marseille c’est une action publique, j’ai découvert et redécouvert beaucoup de choses, une société que j’ai pu vivre à l’intérieur et ça m’a amené effectivement à beaucoup de mauvaises considérations et ces considérations-là m’ont conduit aujourd’hui à vouloir mettre en place une fondation qui aura un but social. Et c’est à ça que je m’emploie aujourd’hui avec beaucoup de convictions.

Pouvez-vous nous en dire plus sur la fondation que vous souhaitez créer ?

J’en parlerai plus quand elle aura une vraie existence.

Pour le moment j’ai rencontré les responsables des institutions locales qui toutes m’ont encouragé à aller de l’avant que ça soit le président du conseil régional, le président du conseil général ou le maire de la ville donc je suis en train de réfléchir sur la meilleure manière de mettre en place cette fondation de façon à pouvoir diriger son action vers le social ou vers la citoyenneté, autant d’éléments qui m’ont paru assez importants lors cette fameuse incursion sur la place publique.

Est-ce que faire de la politique au Sénégal pourrait vous intéresser ?

Je ne vis pas au Sénégal. Ca fait quarante ans que je vis en France. Je ne vais pas aller au Sénégal et dire aux gens poussez-vous je suis tarzan, je suis Zorro laissez-moi je sais ce qu’il faut faire…Il y a des gens qui vivent là-bas, qui vivent les réalités tous les jours, qui sont plus à même que moi de conduire les affaires du pays.

Vous dites ne pas aimer la politique. Qu’est-ce qui vous a donc motivé à être candidat aux dernières élections municipales ?

On m’a approché, on m’a demandé d’être une tête de liste. Et puis j’entendais beaucoup de choses qui étaient dites, qui n’étaient pas vraies sur Marseille: la violence dont on parlait un peu, qu’on voulait inculper simplement aux gens qui étaient issus des quartiers. Il faut quand même dire que ces gens qui sont dans les quartiers ce sont des gens qu’on a bien voulu parquer dans ces endroits-là. On a fait appel à leurs parents pour travailler et qu’après ils sont comme exclus de la société. Quand on exclut complètement des gens de la société quand on les fait vivre dans un périmètre clos, ça sécrète nécessairement de la violence mais cette violence-là n’était pas insupportable aux yeux des gens et surtout des observateurs mais elle était sans doute moins importante qu’une autre forme de violence qui a toujours existé à Marseille : une violence plus aristocratique, venue de Corse , des personnes venues de l’oligarchie du banditisme marseillais. On en venait à dire « oh les bandits ils ont un code d’honneur », comme si les bandits avaient un code d’honneur. Donc tout ça m’avait particulièrement agacé et je voulais expliquer pourquoi on en était arrivé à cette violence-là dans les quartiers Nord de Marseille.

Vous avez été journaliste sportif, agent sportif, président de l’Olympique de Marseille, vous avez écrit un livre autobiographique, vous avez fait de la politique, vous êtes à la tête d’une école de journalisme…A quand un film sur votre carrière ?

Il y a des scènes qui ont déjà retracé certaines démarches que j’ai entreprises mais bon faire un film sur ma carrière, je n’ai pas cette prétention-là. Vous savez même le livre autobiographique que j’ai écrit c’est plus le fait d’une maison d’édition qui souhaitait vivement la naissance de ce livre-là que le fruit d’une volonté personnelle.

Que pouvons-nous vous souhaiter ?

La santé. Une fois qu’on a la santé, on s’en sort toujours. Que dieu veuille bien entendre ceux qui nous la souhaitent, ça serait déjà extraordinaire et très bien.

Maya Meddeb

Journaliste freelance Amina, Gazelle, Afrique Magazine et AlgerParis

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