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La Cour a estimé que le dossier d’accusation était suffisamment solide pour juger l’ancien président ivoirien. Quatre charges de crimes contre l’humanité pèsent contre lui.

Il y aura bien un « procès Gbagbo » à La Haye. La Cour pénale internationale (CPI) a estimé, jeudi 12 juin, que le dossier d’accusation établi contre l’ancien président ivoirien était suffisamment solide pour qu’elle juge ce dernier.

PREMIER CHEF D’ÉTAT DEVANT LA CPI

La décision des magistrats intervient deux ans et demi après le transfert de Laurent Gbagbo à la prison de Scheveningen, dans la banlieue de La Haye, qui tient lieu de centre de détention de la CPI.

Aucun chef d’État n’a encore fait l’objet d’un procès devant cette Cour (l’ancien dirigeant serbe Slobodan Milosevic et son homologue libérien Charles Taylor ont tous deux été jugés à La Haye, mais respectivement par le Tribunal international pour l’ex-Yougoslavie et par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone).

ACCUSATIONS DE CRIMES CONTRE L’HUMANITÉ

Quatre charges de crimes contre l’humanité pèsent contre Laurent Gbagbo. Il est accusé d’avoir fomenté une campagne de violences dans le but de conserver le pouvoir à l’issue de la présidentielle de novembre 2010, dont il assure avoir été évincé par son rival, l’actuel chef de l’État, Alassane Ouattara, à la suite d’un complot mis sur pied par la France. Les violences post-électorales avaient entraîné la mort de plus de 3 000 personnes.

« JUSTICE DES VAINQUEURS »

Les partisans de Laurent Gbagbo et des organisations de la société civile dénoncent une « justice des vainqueurs ». Pour Emmanuel Altit, l’avocat de l’ancien président, « ce procès sera celui de la Françafrique, de la manipulation, des arrangements, de ceux qui ont voulu une guerre pour servir des intérêts particuliers ».

Marianne Meunier

la-croix

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