566aa28fc36188a4068b45f6L’Afrique suscite aujourd’hui un intérêt particulier de la part de la Chine, qui s’efforce de consolider ses positions dans la compétition internationale avec les États-Unis et l’Union européenne pour les ressources naturelles, élément fondamental de sa sécurité nationale. A cet effet, les Сhinois ont mis sur pied le Forum de coopération sino-africaine (FCSA) qui est devenu un évènement clef pour les économies et diplomaties chinoises et africaines.

Organisé tous les trois ans depuis 2000, le FCSA permet de conclure d’importants accords et contrats. La Chine est devenue le second partenaire commercial de l’Afrique, derrière les États-Unis, mais devant la France, et les échanges sino-africains augmentent rapidement. C’est pourquoi ce forum est de plus en plus considéré par les experts comme plus important que les sommets France-Afrique.

Les richesses de l’Afrique à la portée de la main chinoise

D’après diverses estimations, l’Afrique recèle 12 % des réserves mondiales prouvées de pétrole et représente 11 % de la production globale. Mais les intérêts économiques des acteurs internationaux ne se limitent pas au secteur pétrolier. Le continent possède tant de ressources (titane, niobium, tantalt, zirconium, etc.) qu’il est attractif même pour un pays aussi riche en minerais que la Chine.

Il est à noter que, si les compagnies chinoises exploitent les ressources naturelles en Afrique, ce n’est pas seulement pour combler les déficits de leur pays dans ces domaines. L’accumulation de réserves apparaît également comme une préoccupation de premier ordre, ce qui, soit dit en passant, constitue une illustration supplémentaire du fait que la Chine ne néglige pas ses intérêts stratégiques et économiques.

L’État chinois au secours des intérêts des compagnies nationales

Pékin a créé un fonds doté de cinq milliards de dollars afin de soutenir et d’assurer les investissements des compagnies chinoises sur le Continent noir.

L’exemple le plus éclatant de l’implication d’un État dans la progression des compagnies nationales en Afrique est fourni par la Chine. Pékin offre aux dirigeants des pays africains des crédits avantageux. La Chine s’est montrée particulièrement active au cours de la dernière décennie. La part de l’Afrique dans ses importations de pétrole approche les 30 %, les principaux fournisseurs étant les pays du Golfe de Guinée, le Soudan et l’Angola).

Au total, la Chine entretient des relations d’affaires avec plus de cinquante pays africains auxquels elle va allouer, au cours des trois prochaines années, quelque vingt milliards de dollars de crédits, soit deux fois plus qu’entre 2009 et 2012. Onze centres d’affaires chinois ont été ouverts en Afrique. Ils facilitent les investissements, sécurisent les paiements et formulent des recommandations à l’attention des hommes d’affaires. Pékin a également créé un fonds, doté de cinq milliards de dollars, afin de soutenir et d’assurer les investissements des compagnies chinoises sur le Continent noir.

Les intérêts économiques de la Chine exigent que les structures de l’État offrent un appui constant et varié à l’expansion des entreprises nationales à l’étranger. Ces structures doivent coordonner les activités des compagnies et des administrations pour les aider à accéder aux marchés et les protéger contre toute concurrence déloyale.

Enjeux stratégiques du Forum de coopération sino-africaine à Johannesburg

La dernière édition du Forum s’est tenue à Johannesburg, capitale de l’Afrique du Sud, dans la première décade du mois de décembre. La Chine, par la voix de son président Xi Jinping, a proposé un partenariat de coopération stratégique global et a présenté 10 programmes majeurs pour stimuler la coopération au cours des trois années à venir.

Ce sommet de deux jours, qui a marqué le 15ème anniversaire de la fondation du mécanisme du FCSA, a été présidé par Xi Jinping et son homologue sud-africain Jacob Zuma, et a été témoin de la publication par la Chine d’une note politique sur l’Afrique, deuxième de ce genre depuis 2006, visant à clarifier «la détermination et la bonne volonté de la Chine pour développer des relations amicales et de coopération avec l’Afrique».

Dans le secteur économique et commercial, les statistiques montrent que le commerce bilatéral a, en 2014, atteint 221,9 milliards de dollars et que les investissements cumulés de la Chine en Afrique ont dépassé les 30 milliards de dollars, soit des multiplications respectives par 22 et par 60 des chiffres de 2000. Parallèlement, la part du commerce Chine-Afrique dans le commerce extérieur total de l’Afrique est passée, sur la même période de 3,82 % à 20,5 %.

La Chine a promis d’envoyer un grand nombre de soldats dans les zones sensibles d’Afrique et de fournir une aide de 60 millions de dollars à l’Union africaine

A la fin de l’année 2014, les investissements cumulés de la Chine en Afrique ont atteint 101 milliards de dollars, investis dans plus de 3 100 entreprises basées sur le sol africain. La Chine a également fourni une aide financière et technique afin d’aider à combler le déficit en infrastructures de l’Afrique. On estime que, grâce au soutien financier chinois, 5 675 km de chemins de fer et 4 507 km de routes avaient été construits, ou étaient en construction, dans toute l’Afrique en septembre 2015, complétés par d’autres infrastructures telles des écoles et des hôpitaux.

Concernant le maintien de la paix et de la stabilité, la Chine a promis d’envoyer un grand nombre de soldats dans les zones sensibles d’Afrique et de fournir une aide de 60 millions de dollars à l’Union africaine (UA) pour améliorer sa capacité opérationnelle dans ce domaine.

Dans le cadre du FCSA, qui regroupe la Chine, 50 pays africains ayant des relations diplomatiques avec la Chine et la Commission de l’UA, le gouvernement chinois va offrir chaque semestre à l’Afrique plus de 7 000 bourses d’Etat pour des étudiants et prendre en charge, chaque année, plus de 100 programmes multilatéraux et bilatéraux de formation technique et de gestion, ainsi que des ateliers pour les hauts fonctionnaires africains.

Par ailleurs, à Johannesburg, la Chine a promis d’offrir 60 milliards de dollars en soutien financier pour assurer la bonne exécution de ces initiatives, qui permettront aux pays africains confrontés à un sous-développement de leurs infrastructures et à un manque de financement d’accélérer l’industrialisation et la modernisation de l’agriculture, et de parvenir à un développement indépendant et durable.

Les résultats du Sommet à Johannesburg témoignent que la présence de la Chine en Afrique devient de plus en plus durable et surtout sensible aux intérêts d’autres partenaires internationaux, préoccupés aujourd’hui par les événements en Syrie et en Iraq.

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

Source: Russia Today

Comments

comments

Loading...