10702160_640051336118087_6683481709617632621_nJe ne donne pas une leçon mais peut être étant citoyen et de surcroit étudiant, je me dois de donner mon avis sur cette situation critique de l’éducation au Sénégal. Aujourd’hui nous savons tous que les conditions de vies actuelles ne sont plus les mêmes que celles d’autrefois. Cependant il est évident que les jeunes, les parents, les enseignants, ainsi que les Leaders ne vivent plus les mêmes conditions que celles d’autrefois, car des changements notoires se sont effectués.

En effet l’éducation au Sénégal, qu’elle soit formelle, non formelle ou informelle, n’a plus son sens humain, et sa valeur. Elle a perdu sa véritable portée. Eu égard de mon expérience, je suis convaincu de la nécessité de ce travail, pour mener à bien une réflexion ou du moins un constant comme celui-ci qui s’impose, j’ose affirmer maintenant que l’éducation sénégalaise, n’est pas adaptée à nos réalités socioculturelles. Cependant les observations et les remarques que j’ai faites démontrent que cette impasse est à l’ordre du jour d’où l’objet de cet article qui est destiné à trois catégories de la société sénégalaise à savoir les Jeunes, les Educateurs (parents et Enseignants) et nos Leaders. Dans cette perspective j’aimerais considérer l’ensemble sous un angle de description susceptible de me permettre de dégager des perspectives idoines. Pour donc examiner de plus prés ces Obstacles, cet article sera présenté comme suit :

– Obstacles :

– Les jeunes sont formés pour imiter et consommer la culture occidentale comme le disait Amadou Aly Dieng « On a que des singes qui imitent et des perroquets qui répètent ce que font et disent les Toubabs »

– Le respect aux âgés et la dignité chez les jeunes sont bafoués.

– L abandon des bonnes habitudes et des bons comportements hérités de nos ancêtres.

– bons nombres de jeunes filles et garçons se livrent à des débauches inquiétantes à travers le pays: Tenues vestimentaires provocatrices, prostitutions dans les rues, sites de rencontres, pornographie, pédophilie, homosexualité etc.

– Les jeunes d’aujourd’hui ont aimé la facilité et sont dominés par l’argent et le sexe.

– Ils n’ont que des droits et non des devoirs.

– L’incivisme et les laisser-aller au sein de la société.

– Le manque de cadre intellectuel chez les jeunes soi-disant scolarisés.

– La démission des parents et Enseignants de leur rôle d’éducateur.

– Le manque d’instructions civique dans les établissements scolaires, ainsi que l’ignorance du sens vrai de l’éducation et le manque de vocation chez certains Enseignants.

– Nos autorités nous ont imposés une école fonctionnant sur des bases avec des principes et des valeurs qui sont en contraction avec les réalités culturelles du pays. D’ailleurs non seulement cette école n’intègre pas la société mais elle déracine les jeunes. C’est pour cette raison qu’elle pose plus de problèmes qu’elle en recoud. Elle produit des cadres présentant un profil où la société ne reconnait même pas « conflit de génération » car elle nous a fait oublier tous ce que nous avons appris de nos ancêtres. C’est un danger d’autant plus qu’il est difficile à l’éviter parce qu’elle semble être notre unique alternative. Voulons-nous réellement prendre notre destin en main ? Aujourd’hui nombreux sont les sénégalais qui ont renié à notre propre culture au profit de la culture occidentale qui nous a pénétré à travers leur langue que nous avons accepté comme langue officielle et langue d’enseignement. Que nous reste t-il si la langue véhicule la culture ?

– Nos leaders continuent à se comporter comme des apprentis au servir de leur maitre.

– Ils sont irresponsables car ils ne donnent plus les bons exemples.

– Leurs beaux discours et leurs belles promesses restent toujours vains.

– Ils n’ont plus d’éthique pour la gestion de nos biens, et mettent pas l’intérêt général au dessus de l’intérêt individuel,

– Ils n’ont plus de valeurs traditionnelles pour façonner les jeunes d’aujourd’hui et les utilisent à des fins lucratives. Alors, il en résulte que l’éducation sénégalaise n’est plus égale à elle-même tant que l’unité entre les familles, la société, mais aussi entre nos leaders soit bafouée : elle est dans une impasse.

Perspectives

Surtout nous devons lutter pour que notre éducation reste une éducation sénégalaise, une éducation favorable à nos réalités socioculturelles, mais qui se construit à travers l’intégration de tous les acteurs sociaux: Elites, autorités religieuses, intellectuels, syndicats, professeurs, parents, étudiants et élèves. Sur ce je ne peux passer sans citer feu Joseph Ki-Zerbo qui disait que « L’éducation est un champ de reproduction sociale qui doit se faire à plusieurs niveaux: à la famille, à la communauté et à l école; l´ éducation englobe tout et est englobé par tout. De ce fait l’Etat doit être un Etat « Organique » c’est à dire un Etat intégré à sa société pour lui porter son combat mais en cultivant en lui une vertu cardinale à savoir la culture de la paix car elle est la seule marque de l’humilité vraie ».

Pour se faire l’Etat du Sénégal doit d’abord inciter tout le monde au travail, au respect de l’autre, à la créativité et à la productivité ainsi qu’à la dignité car celle-ci est une forme de richesse. Il doit donc harmoniser les efforts de tous les acteurs de léducation, en établissant un climat de dialogue solide entre toutes les classes sociales et politiques. Il doit professionnaliser l’enseignement en recrutant des enseignants qualifiés et qui ont pour vocation d’enseigner car disait un écrivain français Marcel Bleustein- Blanchet que: « la vocation est le levain et le ressort de toute vie réussie. Elle précise le but, elle met en œuvre les moyens d’un destin qui cherche à s’accomplir ». A cette occasion il ne faut pas omettre que l’Etat doit transformer les postes politiques en postes de travail en mettant l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. Elaborer des programmes d’enseignements répondant aux aspirations et besoins de la population sénégalaise est aussi une chose qu’il ne faut pas oublier non plus.

Aussi l’Etat doit introduire nos langues locales dans les programmes d’enseignements car c’est la langue qui véhicule la culture. Il doit aussi intégrer l’éducation civique et morale dans les programmes d’études jusqu’à l’université. Par ailleurs il doit aussi rééduquer certains responsables en faisant des entretiens ou des séminaires d’éducation civique et morale avant de leur confier des tâches car l’éducation est le seul bien estimable de l’homme. Elle est un droit naturel sans lequel il est exclu du statut humain et comme le disait le Professeur Joseph Ki-Zerbo: « pour éduquer, il faut d’abord être éduquer, car l’éducateur véhicule un trésor », dans le même sillage il dit : « celui qui transporte un œuf dans son sac ne danse pas » . Alors si elle en est ainsi il faudrait donc créer une mentalité nouvelle chez les parents qui éduquent plus afin qu’ils puissent s’intéresser au jour le jour au travail, au comportement, mais aussi à la manière de vie de leurs enfants. Il faut également mentionner que les parents et les enseignants doivent susciter un éveil de conscience des jeunes à la maison comme à l’école par rapports à leurs rôles et leurs responsabilités futures car l’éducation doit apprendre à savoir se conduire, se comporter, et à savoir être. Ils doivent leurs préparer intellectuellement en les imposant de se convaincre que la vie est un combat et le monde fait de concurrence, de compétition et de combat et aucun salut ne viendra de l’extérieur. C’est par rapport à ce savoir être même que nous disait notre « Grand père » Koc Barma à travers ce dicton très célèbre que « Nit dey Niité »: C’est ta dire l’homme doit jaillir de lumière. En partageant cet avis j’ose affirmer que toute personne qui possède en lui cette flamme doit mobiliser ses ressources physiques et intellectuelles pour la préserver et pour l’amplifier.

Cependant il s’agit ici d’inviter tous les éducateurs à prendre conscience de l’importance de l’éducation, de sa valeur et de son sens vrai. En effet cela me semble être très raisonnable en me joignant à cette citation du Professeur Joseph Ki-Zerbo lorsqu’il affirma que: « l’éducation est une chose trop sérieuse pour la confier aux seuls éducateurs professionnels». C’est pourquoi l’Etat doit partir de nos réalités socioculturelles pour parfaire l’éducation des jeunes dans cette même perspective. Je partage tout à fait cette phrase de Marcel Bleustein Blanchet qui disait que: « la jeunesse est une poignée d’avenir, dans ce cas il est nécessaire de ne jamais entrouvrir la main par désœuvrement ou par lassitude et la laisser distraitement s’enfuir avec le temps ». Cependant en tant que jeune aussi la nostalgie future doit habiter en soi car c’est la jeunesse qui doit préparer les lendemains meilleurs pour notre cher Sénégal.

Maintenant, que tout un chacun et chacune d’entre nous se fixe comme mission d’encourager le goût de l’effort et de la persévérance, de développer au-delà de la raison et de l’humilité de ses objectifs, le sentiment de la réussite et de susciter la volonté de s’imposer en revendiquant au-delà des conformismes une éducation sénégalaise: une éducation apte à nos réalités socioculturelles. Donc à toi la jeunesse de relever ce défi et surtout n’oublies pas que « chaque génération a des pyramides à bâtir » disait le professeur, l’historien Joseph Ki-Zerbo.

Mbagnick SENE, Etudiant au Département de Langues et Civilisations Germaniques – UCAD- Dakar

 

 

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