L’histoire politique nous livre des secrets sur les manières de résister, de s’affirmer et de s’imposer. Ces dernières années, des régimes politiques brutaux entaillés par l’ancienne puissance coloniale au fauteuil présidentiel se sont effondrés devant la détermination, le courage et la volonté du peuple.

L’effondrement du bloc soviétique et la volonté du peuple d’intégrer les principes de modernité politique au sein de leurs systèmes politiques, ont généré des conflits inter-ethniques et des exceptions où le peuple devient maître et garant de sa liberté. Ces affirmations de la volonté populaire se sont imposées en Tunisie, en Égypte, en Estonie, en Birmanie ( la révolte des moines en 2007), en Serbie en 2000 qui à conduit au renversement de Milosevic…Cette volonté non violente de vouloir s’affirmer et exposer sa puissance, ont fait échoué des tentatives de coups d’État en Turquie en juillet 2016 et dans des États de l’ancienne Union Soviétique au début des années quatre vingt dix. Bien que ces révolutions populaires aient chassés des dictateurs, l’injustice continue de faire loi, la misère poursuit son chemin et le peuple devient de plus en plus dépendant et faible comme la Libye, la Birmanie, l’Iran, l’Égypte… D’autres pays comme l’Allemagne, l’Argentine, la Tunisie, la Turquie, ont étouffé la violence et ont fait progresser la démocratie.

La dictature est une imposture. Une imposture qui maintient le peuple dans l’ignorance, dans la soumission et dans l’incapacité de s’organiser pour lutter pour sa dignité, pour son indépendance et pour sa liberté. Elle étouffe le peuple, le déshumanise et le terrorise. La Mauritanie vit une dictature. Une dictature brutale qui empêche le peuple de s’affirmer, d’exister et d’être maître de son destin. Ce texte à pour objectif d’éveiller les consciences populaires et de poser les bases d’une révolution citoyenne. Une révolution citoyenne intelligente soutenue par des stratégies non-violentes. C’est en effet le moyen le plus légitime de lutter contre la dictature mauritanienne et d’instaurer un État respectueux des droits humains, plus démocratique et plus tolérant.

Les révolutions sont les manifestations des volontés populaires contre l’injustice, l’exploitation, la terreur et la misère. Une révolution citoyenne puise sa légitimité et sa cohérence dans la détermination du peuple de se posséder eux mêmes. La sociologie politico-historique admet deux sortes de sociétés ou de gouvernance : Une société où les gouvernants ont peur du peuple et une société où le peuple à peur de ses gouvernants. En Mauritanie, la deuxième affirmation prend tout son sens. Elle prends corps et âme dans nos manifestations, dans nos manières de penser, de vivre et de communiquer. Cette peur est un frein. Un frein qui devrait se transformer en moteur. Un moteur de changement et une arme contre la violence de la police politique. Nous avons vu que des actions non-violentes ont chasser des dictateurs qui se croyaient puissants, solides et invincibles. « Aristote remarquait déjà: « …Oligarchie et tyrannie ont une durée plus extrêmement brève ». Tout pouvoir incarne en lui des faiblesses et des failles qui pourraient être exploiter par le peuple. « l’histoire récente démontre la vulnérabilité des dictatures et révèle qu’elles peuvent s’effondrer en un temps très court : s’il a fallut dix ans ( 1980-1990) pour voir tomber la dictature communiste en Pologne, en Allemagne de l’Est et en Tchécoslovaquie, en 1989 il a suffit de quelques semaines. Au Salvador et au Guatemala, en 1944, les luttes contre de terribles dictatures militaires durèrent environ deux semaines. Le puissant régime militaire du Sha d’Iran fut ébranlé en quelques mois. La dictature de Marcos aux Philippines s’écroula face à la puissance du peuple en l’espace de quelques semaines en 1986…».

Ces exemples de révolutions et de renversement des dictatures cruelles montrent que la dictature mauritanienne ne pourrait supporter la pression populaire, les revendications d’une Nation mûre, intelligente et refusant toute imposture et toute domination illégitime. Le pouvoir d’un tyran n’a de légitimité que par le consentement du peuple et à sa soumission morale. Le pouvoir mauritanien est issu d’un coup État qui à renversé un Président démocratiquement élu. Il n’est pas légitime et ne devrait en aucune façon s’exprimer au nom de la Nation mauritanienne. Sentant les faiblesses du peuple et son emprise sur ce dernier, Ould Abdel Aziz tente cette fois-ci de préparer un coup d’État constitutionnel en organisant un référendum après le refus des sénateurs d’approuver ses amendements constitutionnels sans aucune valeur symbolique et morale. Ce référendum est une mascarade, une instrumentalisation soutenue par certains sénateurs et parlementaires qui ne pensent qu’au poids de leurs poches et non à la dignité des citoyens qu’ils représentent. Un référendum est un fait politique majeur et un des piliers de la démocratie. Il exprime la volonté populaire par une consultation juste et légitime.

Ces dernières années, la dignité des noirs est de plus en plus bafouée et piétinée. Les recensements administratifs qui ont débuté en 2011 est un des exemples majeurs qui délégitiment ce référendum parce qu’une grande partie de la population mauritanienne est exclue. Notre pays est dirigé par un extrémiste. Un homme aux idées sombres, dévastatrices et dangereuses pour l’Unité de notre pays et pour une cohabitation apaisée entre les communautés. Il divise le peuple, condamne des opposants politiques, des militants anti-esclavagistes, soutient des esclavagistes, réprime des marches populaires, généralise la corruption, nie la citoyenneté des noirs mauritaniens et instaure un climat d’insécurité et de tension. Ould Abdel Aziz est le premier ennemi de la Nation. Notre Nation est fracturée par des rivalités et des tensions. Des rivalités entres des communautés conditionnées à se détester et des régions hostiles l’une envers l’autre. Ould Abdel Aziz soutient ces rivalités et monte les citoyens les uns contre les autres. Il prend le pays en otage, terrorise les représentants du peuple et bloque nos institutions. Un État avec des institutions fragiles et instables est un faible dont l’avenir est incertain(…)

Le silence se mélange à la peur. Il se retranche dans son monde et accepte son sort. Il traîne le peuple dans ce désert ou nul vent ne souffle. Il fallut qu’il se regarde dans ce miroir déformant ou son visage n’était qu’une lueur et le reflet de ceux qui le violent. Ce jour était nouveau pour lui. La conscience franchissait à petit pas cette porte entre – ouverte ou la haine, la violence et le mépris étaient reines et roi. Ce jour était unique. Il fallait l’affronter, résister et persévérer. Il a fallu des braves et honnêtes gens pour faire tomber la monarchie française. Il a fallu traversé des chemins incertitudes, soulever des montagnes pour qu’ils existent. Le sang coulait à flot, des familles se déchiraient mais la soif de liberté, l’égalité et la justice étaient ces compagnons qui ne suivaient que les justes. Le vent d’espoir souffle dans notre pays. Une nouvelle génération courageuse et déterminée porte le flambeau des luttes de nos aïeux. Elle est juste, consciente et mauritanienne. Elle puise sa force dans la misère, dans l’imposture et dans l’incapacité de nos gouvernants de gouverner le pays. Ces gouvernants oligarques qui nous pillent, violentent et nous imposent une dictature déguisée en démocratie. Une démocratie qui n’est qu’une dictature de la pensée. Une dictature fondée sur une instrumentalisation de nos histoires et de notre religion. Nos histoires sont multiples et tragiques. Elles nous rappellent des époques de bonheur, de tolérance et des tragédies. Des tragédies qui continuent de fracturée notre Nation, l’affaiblir et la plonger dans le chaos. Un génocide était ces massacres, viols, expropriation des terres, déportation…Un nettoyage ethnique d’une cruauté absolue qui a laissé des orphelins et des veuves. Reconnaître ces crimes c’est permettre à Notre Nation de survivre, de réconcilier ses enfants et de continuer à rêver. Cette tache est peule. Elle est soninke. Elle est Wolof. Elle est arabo-berbere. Elle est Haratine. Elle est tout simplement mauritanienne. C’est à travers nos différences et la complexité de nos communautés que nous arriverons à s’identifier comme pilier et fondement de la Nation. Des sensibilités nous envahissent. Elles ne nous freinent dans nos luttes et délimitent notre engagement citoyen. Elles nous mettent dans un monde où la couleur de la peau, les convictions religieuses désastreuses prennent place et bloquent nos initiatives nationales. Ces initiatives sont nos seules cartes à jouer contre les politiques et contre la dictature dans notre pays. Elles ne peuvent en aucune façon produire des résultats souhaités dans la mesure ou les intérêts ethniques et les intérêts personnels sont plus importants que les intérêts de la Nation.

La Mauritanie est une oligarchie ou les membres d’une seule famille dirigent et pillent les ressources du pays. L’expérience des oligarchies africaines ou ailleurs nous donne une vision claire de ce système. Elles appauvrissent le peuple, créent une classe dirigeante fermée qui réprime et intimide les citoyens qui ne demandent que plus de liberté, de justice sociale et plus de démocratie. Cette classe dirigeante fermée s’est construite un patrimoine financier colossale sur la sueur des pauvres gens, ils s’achètent des villas à l’étranger et se pavanent dans les aéroports étrangers avec une somme de deux millions d’euros liquide. Ces sommes pouvaient servir à financer notre système sanitaire, notre système éducatif, des infrastructures moyennes utiles dans certaines localités du pays(…)

Extrait de Comment Faire tomber la dictature mauritanienne?

Babagalle Kide

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