usmanTurey

J’aimerai dédié ce billet à quelqu’un que j’aime énormément. Il n’est, certes, plus de ce monde car décédé le 4 décembre 2006. Mais, il reste clair que ses oeuvres marquent son immortalité dans la conscience mondiale et plus particulièrement Africaine:

Je veux parler de_ l’un des intellectuels-citoyens les plus illustres d’Afrique, historien universitaire de tout premier ordre, panafricaniste tout au long de sa vie par instinct et par choix, militant implacable en faveur du changement social et de la Justice sociale, défenseur inlassable de l’indépendance collective africaine, enseignant pour au moins trois générations de chercheurs Africains en sciences sociales, source d’inspiration inépuisable pour beaucoup qui ont eu la chance de le rencontrer, un grand exemple d’altruisme pour la communauté_ JOSEPH KI-ZERBO.

Il convient de préciser que je n’ambitionne point l’étalage magistral de sa vie toute entière en quelque ligne, mais je m’accorde à faire un arrêt sur un point essentiel constituant le leitmotiv de sa pensée globale: L’engagement politique et la Responsabilité sociale de l’intellectuel africain.

A l’occasion de la 30ième anniversaire du CODESRIA qui a eu lieu en décembre 2003 à Dakar, Senegal, alors qu’il avait 82 ans, il a prononcé un discours dont le tambourinement sémentique n’a encore guère connu de sporadicité. Autrement dit, aujourd’hui, plus que jamais, les mots prononcés par Joseph Ki-Zerbo lors cette célébration sont tous aussi sémentiquement intacts qu’interpellateurs!

Dans ce discours, baptisé discours-programme, il s’adresse aux intellectuels africains tout en leur signifiant/rappelant le rôle essentiel qu’ils ont à jouer dans la société. Pour lui, tous ceux qui se considèrent comme étant des intellectuels ne devraient pas être pâssifs ou se complaire dans la neutralité ou l’innocence de la pensée. L’intellectuel s’impègne forcément de sa société et ne peut pas se permettre de rester là à regarder les choses se gâter. Il n’est jamais totalement indépendant du système dont il “constitue un rouage super-structurel décisif” (Ki-Zerbo, 2005; 79-80).

Ainsi pour Ki-Zerbo, un intellectuel africain ne peut pas se payer le luxe d’être neutre. Dans une série de questions rhétoriques, lors de la conférence, il réitéra son point de vue en ces termes:

” Mais peut-on se permettre d’être neutre dans un Etat africain où règne le monopartisme de fait? Peut-on être spectateur passif devant le déploiement de la pensée unique, qu’elle soit endogène ou exogène? L’intellectuel peut-il camper comme un grand nomade dans l’oasis d’un désert, alors qu’autour de lui font rage les génocides, les exodes de refugiées, les tortures et les mutilations, les hold-up sur l’environnement et la biodiversité, la prise en otage des jeunes générations comme chair à canon des seigneurs de la guerre, la décimation de la poulation par les pandémies, la mainmise sur l’armée républicaine, la braderie et l’éradication de cultures millénaires et de savoirs uniques en leur genre? “

Pour conclure je partage cet avis avis personnel en guise de réponse à ces différentes intérrogations soulevées:

L’intellectuel Africain a hérité d’une mission claire, coghérente et simple: La valorisation de l’Afrique et de la Dignité Africaine, gage d’un développement africain fondé sur les besoins africains. Ainsi, pour être pertinent, il doit montrer dans quelle mesure il est sensible et engagé par rapport aux difficultés et aux aspirations de la société et de l’Humanité.

Le développement endogène nécessite une recherche endogène qui est, sur le plan conceptuel, débarrassée des hypothèses de base ne tenant pas compte des réalités et expériences africaines. La préservation des acquis (scientifiques, intellectuels, culturels etc.), la garantie du bien-être, de la paix et de la sécutité sociales doivent être des préoccupations non pas pour les élites et les masses mais plutôt pour les intellectuels qui ont le devoir de réfléchir et de proposer des pistes de progression et des perspectives de développement sûres et claires pour qu’enfin advienne ce développement tant chanté, tant attendu, tant espéré.

Usman Turey

#Le_Combat_Continue…

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