ZacAu Sénégal, on note trois dysfonctionnements majeurs qui sont : la Constitution, encore la Constitution et toujours la Constitution.

Beaucoup parlent de l’émergence du Sénégal d’ici 2035 avec le Plan Sénégal Emergent (PSE) du Président de la République, Monsieur Macky Sall. Posons-nous la question à savoir si les bases d’un tel programme sont bien solides au Sénégal.

Un pays se construit pas à pas et son développement s’établie progressivement, étape par étape. Nous pensons que pour faire émerger le Sénégal, il nous faut une loi sur la continuité de l’Etat et une loi pour un mandat présidentiel de 7 ans non renouvelable. Ces deux conditions sont requises pour faire émerger notre cher pays. Sans ces dispositions nécessaires à notre évolutivité constante, il n’est point opportun d’injecter des milliards et se retrouver au même niveau de développement ou plus bas encore. Par continuité de l’Etat nous entendons, bien sûr, le principe selon lequel un gouvernement est engagé par les plans et programmes du gouvernement précédent. Comme dit l’adage, les hommes passent mais les institutions demeurent.

Il est compréhensible que chaque Président de la République vienne avec sa propre vision, son mécanisme, sa démarche, son équipe, son rêve et slogan pour diriger le pays. Cependant, de 1960 à nos jours, déjà 54 ans de souveraineté, le Sénégal reste économiquement toujours “le même Sénégal”, que ce soit du temps de Léopold Sédar Senghor, Abdou Diouf ou Abdoulaye Wade. Le Président Macky Sall récemment élu par les Sénégalais semble ne rien changer jusque là. Ainsi, les années passent et se ressemblent au Sénégal. Il ne s’agit pas seulement de changer de Président mais aussi d’améliorer le système et de renforcer les institutions. En réalité, il est même nécessaire de revoir la constitution Sénégalaise pas seulement pour des amendements mais dans son intégralité. La manière dont la politique est pratiquée dans notre pays ainsi que l’exécution des missions régaliennes de l’Etat posent problème. Notre constitution doit correspondre à nos réalités socioculturelles et politiques et son application par les acteurs doit être en phase avec le respect des droits des citoyens et celui des normes d’éthiques et de déontologie.  

Chaque nouveau président élu au Sénégal exerce son mandat avec ses capacités de leadership et ses compétences : cela peut se faire sans négliger, suspendre ou éliminer des projets en cours d’exécution financés à coup de milliards par les partenaires au développement et le contribuable Sénégalais car cette approche de gouvernance entrave notre développement avec le bouleversement au niveau des équipes en place et un lourd endettement pour un recommencement perpétuel sans résultats significatifs. L’Etat c’est la continuité, un principe constitutionnel. Une Nation qui se soucie de son émergence pour un développement équilibré et durable est dans l’obligation de respecter strictement ce principe de continuité.

Il est ainsi vital que tous les citoyens Sénégalais, en particulier le gouvernement Sénégalais réfléchissent sur les deux lois, mentionnées plus haut, qui sont: la Continuité de l’Etat et un Mandat Présidentiel de 7 ans Non Renouvelable.

Qu’est ce que ces lois signifient concrètement? Avant de répondre à cette question, posons-nous les questions suivantes: où voulons nous aller avec le Sénégal dans les 35 prochaines années? Et Comment comptons nous procéder? Il est important de souligner qu’un président ne peut pas régler tous les problèmes des Sénégalais et qu’il est absolument inutile de briguer d’autres mandats pour rester au pouvoir après avoir fait ses preuves et atteint ses limites. Cela maintient le pays en situation de campagne électorale permanente avec un gouvernement qui a déjà donné tout ce qu’il avait à offrir, ce qui est totalement contre-productif. Un Chef d’Etat qui a pour préoccupation principale d’être réélue est en décalage par rapport aux besoins de son peuple. Voilà pourquoi nous proposons ces deux lois.

Mathématiquement, nous projetons que dans 35 ans le Sénégal va avoir 5 présidents de la République avec un mandat d’une durée de 7 ans non renouvelable pour chaque président élu. Cela éliminera les promesses non tenues et les campagnes déguisées. Ce qui est grave au Sénégal et c’est la triste réalité, c’est que les programmes de campagne sont élaborés pour attirer l’électorat et non pour apporter des solutions aux maux qui nous gangrainent. Ainsi, pendant les 7 ans non renouvelables que nous préconisons, le président est en position de se focaliser sur les objectifs bénéfiques au peuple et de gouverner le pays en respectant les étapes des programmes qui figurent dans la loi sur la Continuité de l’Etat. Il peut dans ce cas de figure diligenter les affaires courantes avec ses collaborateurs et les équipes en place et engager des programmes pouvant être exécutés entièrement durant les 7 ans.

Nous proposons dans cette approche une évaluation à mi-parcours avec des indicateurs concis permettant de corriger les erreurs et d’améliorer les performances pour une mise en œuvre complète, efficace et efficiente au bout des 7 ans. Nous n’avons plus droit à l’échec des programmes. Notre retard et la précarité dans laquelle vivent nos populations ne nous le permettent pas et la rapidité à laquelle le monde évolue ne nous le permet pas non plus. Arrêtons de perdre du temps: la politique politicienne ne mène à rien sinon à prendre les médias et le peuple en otage avec des distractions politiciennes sans retombées positives pour le pays. C’est l’occasion de dire que notre presse devrait être plus conséquente pour ne pas se laisser prendre à ce jeu. C’est aussi l’occasion de dire que les conseillers doivent jouer leur rôle et accompagner le président dans sa mission tout comme l’équipe gouvernementale et les autres acteurs. Etant un être humain et un citoyen à part entière, un Chef d’Etat peut aborder une démarche erronnée dans sa gestion du pays à un moment ou à un autre, dans un domaine ou dans un autre. Le rôle des conseillers est de l’eclairer et de l’aider à mieux servir son peuple. Il ne faudrait pas qu’ils choisissent de se taire juste pour preserver leur poste. L’intérêt supérieur de la Nation doit toujours primer sur les intérêts personnels.

Mettre un terme à la transhumance politique est aussi un impératif ainsi qu’au fait d’être président et chef de parti politique. Ainsi, les négociations partisanes en cours de mandats ne constitueront plus une perturbation biaisant l’exercice de la fonction de Chef de l’Etat et des fonctions de l’ensemble des gouvernants. Le Sénégal se développera certainement à long terme. Je suis optimiste. Très optimiste même, mais je reste réaliste et convaincu que ce développement ne pourra se faire qu’avec une vision sénégalaise, une mission sénégalaise, une ambition sénégalaise, une volonté sénégalaise et une passion sénégalaise, le tout collectif et soudé. Comme dit l’adage, l’union fait la force.

Pensez-vous aussi à une stratégie pour éliminer définitivement le nombre pléthorique de partis politiques? Plus de 200 partis politiques au Sénégal: quelle en est la pertinence? Où est le bon sens? Où est le respect pour ses concitoyens? Ces allures de nouvelles versions de « ruée vers l’or » sont une honte pour notre cher pays. Qu’est-ce que ces humains qui s’organisent ailleurs en grands pôles (par exemple: gauche/droite/centre… ou démocrates/républicains) ont compris que nos personnalités politiques Sénégalais n’arrivent pas à comprendre? Une structuration autour d’un parti au pouvoir et deux partis d’opposition puissants pourraient constituer un bon modèle pour la consolidation de notre démocratie qui reste encore fragile.  

 

 

Zaccharia Ndiaye

Personnage Public

Spécialiste/Consultant en TIC

Penseur Croissance Globale / Leader d’Opinion

www.zacchariandiaye.com

Africpost  

Comments

comments

Loading...