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La Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDHO) exprime sa vive préoccupation face à l’escalade de la violence et aux violations graves et répétées au Burundi.

Depuis l’éclatement de la crise en avril 2015, les observateurs sur place font déjà état de plus d’une vingtaine de morts, de plusieurs blessés, ainsi que de nombreuses arrestations du côté des manifestants.

Cette crise découle de la décision du Président Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat en violation des dispositions de la Constitution nationale et de l’Accord d’Arusha de 2000 a ouvert la voie à des négociations ayant abouti à la fin de la guerre civile burundaise (1993-2006) et qui a posé les bases des institutions actuelles.

La Constitution, comme l’Accord d’Arusha, limite à deux le nombre de mandats présidentiels. N’étant plus dans les dispositions légales pour briguer un troisième mandat, le Président Burundais tente ainsi de réviser la Constitution pour se maintenir au pouvoir.

S’opposant à cette forfaiture constitutionnelle, une vague de manifestations qui regroupe les organisations de la société civile, les partis politiques de l’opposition, les mouvements citoyens et de jeune tente de faire barrage à ce qui s’apparente à un coup d’Etat institutionnel.

Malgré ces vagues de manifestations, la troisième candidature du Président Pierre Nkurunziza a été validée par la Cour constitutionnelle en l’absence d’un membre de l’institution (en l’occurrence le Vice Président) qui a préféré s’abstenir plutôt que de participer à la validation d’une telle candidature.

Durant cette période de crise, la tentative de coup d’Etat manqué, survenu le 13 mai 2015 en l’absence du Président Pierre Nkurunziza du pays, a envenimé la situation.

Diverses sources font état de plusieurs vagues d’arrestations dans les rangs des soldats putschistes, ainsi que de nombreuses exactions à l’égard des manifestants. Face à de telles dérives, la Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l ’Homme (RADDHO) :

– Condamne avec fermeté la décision de la Cour constitutionnelle consistant à valider le mandat du Président sortant Pierre Nkurunziza ;

– Exige l’arrêt immédiat et sans condition des exactions faites à l’encontre des manifestants et la libération des personnes qui ont été arrêtées ;

– Demande au Gouvernement burundais de rétablir l’ordre constitutionnel et de veiller au strict respect des droits et libertés garantis par la Constitution nationale et les Instruments juridiques internationaux et régionaux relatifs à la gouvernance, à la démocratie et aux droits humains auxquels l’Etat burundais a souscrit;

Lance un appel solennel à l’Union Africaine (UA) et à l’Organisation des Nations Unies (ONU) pour qu’elles exigent au Gouvernement burundais de se conformer aux principes de l’Etat de droit, qui impliquent la séparation et l’indépendance des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, le traitement égal de tous les citoyens devant la loi et le respect de la dignité humaine.

Fait à Dakar, le 20 Mai 2015
Le Secrétariat Général
RADDHO

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