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La question relative à l’obligation de prêter serment d’allégeance à la reine d’Angleterre et à ses héritiers refait souvent surface. Récemment, des candidats à la citoyenneté canadienne ont refusé de poser ce geste en Ontario, prétextant que le fait de « le faire est discriminatoire visa à vis de leurs religions ou des principes personnels»

Quoi qu’une tradition vielle depuis la Confédération, le serment d’allégeance et de fidélité à la reine d’Angleterre et à ses héritiers qui est un rituel obligé pour tout candidat à la citoyenneté canadienne semble toujours incompréhensible et agaçante  voir discriminatoire pour de nombreux immigrants désireux de devenir canadien(ne) en dépit du fait de la solennité qui entoure la cérémonie proprement dite.

Ne s’appliquant qu’aux étrangers résidents permanents, la plupart d’entre eux se soumettent à ce rituel sans conviction d’ailleurs alors que leurs enfants nés au Canada sont citoyens canadiens avant eux. A cet égard, ces enfants ont plus de droits que leurs parents si ces derniers, pour une raison ou pour une autre, refusent de se prêter à cette obligation devenue courante dans toutes les provinces canadiennes.

Des milliers de personnes choisissent de s’établir au Canada en croyant qu’ils viennent dans pays indépendant au même titre que leurs pays d’origine, comme la France, le Nigeria ou l’Inde par exemple. A leur grande surprise, ils apprennent qu’ils doivent prêter serment à la reine d’Angleterre et à ses héritiers pour devenir canadiens «Ils sont ainsi nombreux qui tombent des nus en apprenant que le Canada est une monarchie constitutionnelle rattachée à la couronne britannique comme ce fut mon cas lorsque je suis arrivée en 2000», explique un immigrant originaire de la Guinée.

Selon le journal le Devoir « La première personne à remettre en question la légitimité du serment a été Charles Roach, un avocat spécialisé en droits civils. Il a perdu sa cause en 1991, mais l’a portée en Cour supérieure en 2005. Après son décès, l’automne dernier, le dossier a été repris par M. McAteer, Simone Topey et Dror Bar-Natan. Ils sont représentés par l’avocat Peter Rosenthal»

Le fait qu’aujourd’hui d’autres lui emboitent le pas et se défendent en disant qu’en « raison de leurs croyances, protégées par la Constitution, le serment est un obstacle à profiter des droits de la citoyenneté» en plus des réactions dans les réseaux sociaux comme facebook, nous avons voulu en savoir plus en recueillant l’opinion à la fois des immigrants que des non immigrants. 

Pour Daouda Bah d’Edmonton, la prestation de serment ne représente rien de moins qu’une tradition canadienne qui n’a aucune importance pour lui. Toutefois, selon lui, ceux qui refusent de se prêter à cette obligation devraient s’abstenir tout simplement de faire leur demande de citoyenneté pour ne pas attendre le jour de la cérémonie et se plaindre de quoi que ce soit. D’autres personnes interrogées abondent dans le même sens que lui tel que Mahamed Didi  immigrant d’origine  mauritanienne.

Pour sa part, le gouvernement se défend en soutenant que cela est ainsi depuis la confédération. Ce qui, à en croire de nombreuses personnes est loin d’être convaincant dans le contexte actuel.

Dans un article publié sur le site internet de radio canada en 2013, trois résidents permanents avaient fait valoir devant la cour supérieure de l’Ontario que cela constituerait une violation de leurs droits constitutionnels pour des raisons religieuses ou des principes personnels. L’un d’eux en l’occurrence, Michael McAteer va plus loin en déclarant que « Prêter serment à une monarchie héréditaire basée à l’extérieur du pays violerait ma conscience, trahirait mon héritage républicain et entraverait mes efforts à mettre fin à la monarchie au Canada ».

Pour leur part, de nombreux canadiens de naissance vont dans le sens qu’une de leur compatriote canadienne travaillant pour l’organisme Acces Emploi qui appui les nouveaux arrivants à Edmonton (la plupart des immigrants) dans leur recherche d’emploi. C’est-à-dire que : « Prêter  allégeance à la reine d’Angleterre est un peu « vieux jeux». Depuis bien longtemps, elle ne s’occupe plus des décisions gouvernementales du Canada, ajoute elle. «Je comprends que certaines personnes ne voient pas la nécessité de le faire et refusent même de le faire».

Sur la question, une des ces collègues soutient que ceci n’est qu’une procédure administrative avant de devenir citoyen. «Personnellement, je ne pense pas que la reine devrait faire partie de la procédure de citoyenneté. Elle est loin de tout cela et en tant que tel, on ne devrait pas demander aux futurs canadiens de lui prêter allégeance », conclut- elle.

Par Abdoulaye Barry

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