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Michaëlle Jean (Photo), ancienne gouverneure du Canada et nouvelle secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), est appelé à tirer profit des vertus du leadership féminin en vue de donner “une nouvelle impulsion” au monde francophone en partant d’une orientation plus économique. Une perspective plus économique est pour donner “une nouvelle pertinence à la Francophonie” en la confortant sur ses bases, a déclaré Mme Jean, 57 ans, au cours de la conférence de presse de clôture du Sommet de Dakar, peu après sa désignation comme SG de l’OIF, en remplacement du Sénégalais Abdou Diouf.

“Ensemble, traçons le chemin d’une Francophonie moderne et tournée vers l’avenir. La Francophonie du XXIe siècle sera au service et à l’écoute des jeunes et des femmes. Prospère, elle conjuguera l’accroissement des échanges et le développement humain et durable pour tous”, déclarait l’ancienne gouverneure générale du Canada, devant les chefs d’Etat et de gouvernement francophones pour la désignation d’un SG.

Pour arriver à faire de la langue française “un levier extrêmement important” pour le développement des économies des pays francophones, Michaëlle Jean, adepte de la “diplomatie fine”, dit pouvoir compter sur la mutualisation des expertises, institutions, manières de développement et capacités de faire.

D’origine haïtienne, la première femme SG de l’OIF était en compétition avec cinq autres personnes dont l’ancien président burundais Pierre Buyoya. Il y avait aussi le Mauricien Jean-Claude de l’Estrac, secrétaire général de la Commission de l’océan Indien, l’écrivain et actuel ambassadeur du Congo-Brazzaville en France, Henri Lopes.

Le diplomate équato-guinéen Agustin Nze Nfumu complétait la liste des prétendants à la succession du Sénégal Abdou Diouf, qui ne souhait pas briguer un nouveau mandat après trois mandats successifs et 12 ans passés au service de la Francophonie.

Son successeur peut compter sur son expérience de gouverneure générale et commandante en chef du Canada de 2005 à 2010, autant que sur son charisme, son réseau de relations pour reprofiler l’OIF et l’amener à mettre en œuvre la feuille de route issue du Sommet de Dakar.

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Le statut d’enfant du Nord et du Sud revendiqué par Mme Jean, devrait faire le reste, en comptant sur sa force de conviction, sa vision pour la Francophonie, notamment la promotion d’une Francophonie économique.

Née en 1957 à Port-au-Prince (Haïti), Michaëlle Jean est arrivée au Canada en 1968 avec ses parents, pour fuir le régime dictatorial de François Duvalier, comme des milliers d’autres familles haïtiennes à cette époque. Au Québec, devenu sa terre d’accueil, elle suit avec succès des études en littérature comparée à l’Université de Montréal, avant d’y enseigner la langue et la littérature italienne. Parallèlement à ses études, elle travaille pendant dix ans à la mise sur pied d’un vaste réseau de refuges d’urgence pour les femmes victimes de violence conjugale et leurs enfants, qui s’étendra sur tout le territoire québécois et dans d’autres provinces canadiennes.

De 1988 à 2005, Michaëlle Jean connaît une brillante carrière de journaliste et d’animatrice d’émissions d’information à la télévision publique canadienne, au réseau français Radio-Canada et au réseau anglais CBC Newsworld.

Ses réalisations en journalisme lui valent de nombreux prix, dont celui de l’Assemblée nationale du Québec. L’Assemblée parlementaire de la Francophonie souligne son mérite et lui décerne l’insigne de Chevalier de l’Ordre de La Pléiade.

Mme Jean participe également à plusieurs films documentaires réalisés par son mari, le cinéaste, essayiste et philosophe Jean-Daniel Lafond, parmi lesquels “La manière nègre ou Aimé Césaire, chemin faisant”, “Tropique Nord”, “Haïti dans tous nos rêves” et “L’heure de Cuba”, tous primés au Canada et sur la scène internationale.

Le 27 septembre 2005, Michaëlle Jean devient le 27e gouverneur général et commandant en chef du Canada. Un couronnement pour cette fervente adepte de la Francophonie.

À preuve, en 2010, à la demande de son prédécesseur, Abdou Diouf, elle accepte et assume le rôle de Grand Témoin de la Francophonie aux Jeux olympiques et paralympiques de Londres 2012.

De nombreuses universités canadiennes et étrangères lui accordent des doctorats honorifiques qui saluent son engagement et son action, parmi ces distinctions, le Prix Canada 2009 du Fonds de développement des Nations unies pour la femme (UNIFEM). Celui-ci récompense sa contribution à l’avancement de l’égalité des sexes.

Michaëlle Jean, 57 ans, est mariée au cinéaste et philosophe d’origine française, Jean Daniel Lafond. Le couple a une fille, Marie-Éden, également née en Haïti. Elle occupe depuis octobre 2010, le poste d’envoyée spéciale de l’UNESCO pour Haïti. Son pays d’origine.

Grand Témoin de la Francophonie aux Jeux olympiques et paralympiques de Londres 2012, elle est depuis cette même année chancelière de l’Université d’Ottawa, la plus grande université bilingue (anglais, français) au monde. Michaëlle Jean parle couramment cinq langues, le français, l’anglais, l’italien, l’espagnol et le créole, en plus de lire le portugais.

 

 

 

APS

 

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