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Alors qu’une tentative de coup d’Etat au Burundi a échoué, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a exprimé vendredi son inquiétude concernant la situation dans le pays, craignant une instabilité prolongée et de possibles représailles.

« Je suis profondément préoccupé par la situation extrêmement tendue au Burundi. Nous recevons des messages alarmants de défenseurs des droits de l’homme et de journalistes qui craignent pour leur sécurité. Je demande instamment aux autorités burundaises d’assurer leur protection et de garantir qu’il n’y aura pas de représailles illégales à la suite du coup d’Etat raté de mercredi », a déclaré M. Zeid dans une déclaration à la presse publiée par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH).

Le Haut-Commissaire a estimé qu’il y avait « un véritable risque que le Burundi sombre dans le chaos » et il a appelé à éviter « les représailles contre les militants présumés, les journalistes, les défenseurs des droits de l’homme et les nombreux citoyens qui ont manifesté contre le gouvernement ».

M. Zeid a demandé à toutes les forces armées et acteurs non étatiques « d’éviter de recourir à des actions violentes et d’accorder une attention particulière à la protection des civils dans ce contexte très volatil ».

Alors qu’il y a eu des appels de la société civile à redémarrer les manifestations dans la capitale Bujumbura, M. Zeid a appelé les autorités burundaises à garantir que les forces de sécurité respectent les obligations du pays en matière de droit international des droits de l’homme et les normes internationales concernant le maintien de l’ordre lors de manifestations.

Selon la presse, le Président burundais Pierre Nkurunziza a fait son retour vendredi dans la capitale Bujumbura et les officiers putschistes, dont leur chef, le général Godefroid Niyombaré, ont tous été arrêtés. La tentative de coup d’Etat a eu lieu alors que le Président assistait à un sommet africain en Tanzanie.

Le HCDH a indiqué avoir reçu des informations faisant état de nombreuses attaques contre des médias publics et privés. Le Haut-Commissariat a appelé à la réouverture de tous les médias et au respect de l’indépendance des journalistes.

« Il faut de toute urgence garantir la sécurité des défenseurs des droits de l’homme et des journalistes », a dit M. Zeid, soulignant qu’un défenseur des droits de l’homme reconnu, Pierre-Claver Mbonimpa, s’est caché après avoir reçu des menaces de mort.

« Ceux qui incitent ou commettent des actes de violence de grande ampleur sont passibles de poursuites par les organes judiciaires compétents, comme l’a fait remarquer une récente déclaration de la Procureur de la Cour pénale internationale », a-t-il ajouté.

Le HCDH s’est inquiété de l’impact de l’instabilité sur la situation humanitaire alors que le nombre de réfugiés fuyant le Burundi vers les pays voisins a nettement augmenté.

Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a indiqué vendredi que plus de 105.000 personnes ont fui le pays vers la Tanzanie, le Rwanda et la République démocratique du Congo depuis le début de la crise politique au Burundi.

Le HCR a noté que les arrivées de réfugiés burundais ont fortement augmenté ces derniers jours en Tanzanie. Plus de 50.000 Burundais vivent dans des conditions difficiles à Kagunga au bord du lac Tanganyika, selon les autorités locales, et il y aurait au moins 10.000 personnes attendant à la frontière de pouvoir entrer en Tanzanie.

De son côté, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a discuté vendredi matin au téléphone avec le Président du Kenya, Uhuru Kenyatta, à propos de la situation au Burundi.

Lors de cette conversation, le Secrétaire général a souligné la nécessité pour les dirigeants de la région de se joindre aux efforts pour aider à résoudre la crise au Burundi, a précisé son porte-parole adjoint, Farhan Haq, lors d’un point de presse à New York.

M. Ban prévoit de parler avec le Président Nkurunziza et d’autres dirigeants au cours des prochains jours, a-t-il précisé.

Pour sa part, l’Envoyé spécial du Secrétaire général pour la région des Grands Lacs, Saïd Djinnit, se trouvait vendredi au Burundi.

ONU

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