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La décision a été rendue officielle par le biais d’un communiqué, signé par le général Traoré. Ce dernier avait pourtant annoncé, vendredi, vouloir assumer les responsabilités de chef de l’Etat. Il semble qu’il se soit rétracté en faveur du jeune officier, Isaac Zida.

Concernant la suite des évènements, le communiqué des militaires reste par ailleurs flou. Le texte indique que la forme et la durée de la période de transition seront déterminées ultérieurement mais qu’elle se fera de concert avec l’opposition et la société civile.

Compaoré accueilli en Côte d’Ivoire

Parallèlement, Blaise Compaoré, a entre temps trouvé refuge avec sa famille et ses proches à Yamoussoukro, en Côte d’Ivoire. Les autorités ivoiriennes ont confirmé l’information. Chassé du pouvoir par une insurrection, le président sera resté 27 ans à la tête du Burkina Faso.

Dans les rues de Ouagadougou, la capitale, la situation était calme ce samedi, tranchant avec l’atmosphère de pillages et de destructions de ces derniers jours. A l’appel du Mouvement citoyen, organisation en pointe dans la mobilisation contre Blaise Compaoré, des groupes de jeunes ont effectué des opérations de nettoyage dans les rues. A Bobo Dioulasso, deuxième ville du pays, la situation était également revenue à la normale.

Réouverture des frontières aériennes

Isaac Zida, chef du régime de transition, a par ailleurs déjà pris une première décision: Il a ordonné la réouverture des frontières aériennes du pays. En revanche, les frontières terrestres restent pour le moment fermées et le couvre-feu est toujours en vigueur. Enfin, l’Union africaine a réclamé une transition civile et consensuelle au Burkina Faso. L’organisation a appelé l’armée à se mettre à la disposition des autorités civiles.

La situation au matin du 2 novembre 2014 

L’échiquier pour l’installation de la transition démocratique se met peu à peu en place. L’armée parle désormais d’une seule voix en la personne du lieutenant Yacouba Issac Zida qui se sera finalement imposé devant le général Traoré au terme de longues heures de tractations. Un lieutenant-colonel donc pour assurer l’intérim présidentiel, qui fut publiquement adoubé par les représentants de la société civile et notamment les leaders du collectif, Balais citoyen, réunissant vendredi soir une immense foule place de la Nation.

La démarche: demander aux Burkinabè parfois sceptiques ou même hostiles de laisser sa chance à l’armée dans cette tâche délicate d’organiser la transition. Mais c’était compter sans l’opposition politique burkinabè qui samedi soir a refusé de voir un militaire chapeauter le processus, soutenu en cela par l’Union africaine qui appelle à une « transition civile ».

La mosaïque de l’opposition, réunie dans le CFOP, cherche sans doute à se ménager une place dans la perspective des grandes décisions à venir, par exemple une possible réécriture de la Constitution, l’organisation du prochain scrutin présidentiel ou la composition d’un gouvernement provisoire. Sera-t-elle soutenue par la population qui ne sait plus très bien à quel saint se vouer ? En cela, le meeting prévu ce matin, place de la Nation va avoir valeur de test pour les opposants de l’ex-président Compaoré.

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 Une transition conduite par un civil selon l´Union Africaine et la CEDEAO

La mission est favorable à une transition via un civil, dans le respect de l’ordre constitutionnel et des normes des institutions internationales notamment de l’UA et de la CEDEAO. La mission a réitéré son souhait de voir la transition se dérouler en conformité avec les normes et a, de ce fait, relevé les sanctions qu’encourt le Burkina Faso en cas de leur violation (statuts de la CEDEAO et de l’UA). « Nous espérons qu’il y aura une transition conduite par un civil, conformément à l’ordre constitutionnel », a réagi Mohamed Ibn Chambas, par ailleurs chef du Bureau des Nations-Unies pour l’Afrique de l’Ouest, félicitant le « professionnalisme » et la « discipline » des forces de sécurité du Burkina, notamment dans la gestion de cette crise avant de les encourager à maintenir la cohésion au sein des forces de sécurité. Ils ont également exhorté au renforcement du dialogue entre tous les acteurs politiques et non politiques pour remettre en marche, le plus tôt possible, la machine gouvernementale et administrative pour assurer la continuité des services publics. « Ceci est particulièrement important à un moment où le virus Ebola fait des ravages dans la sous-région et que les Etats doivent prendre les mesures nécessaires pour éviter sa propagation », a rappelé et souligné le chef de mission.

Au moment où se tenait cette conférence de presse à Ouaga 2000, l’opposition politique et certaines organisations de la société tenaient également un meeting à la Place de la Nation pour « exiger » la remise du pouvoir à un civil pour l’organisation de la transition.

Réaction de la Communauté Internationale au départ de Blaise Compaoré 

La présidence française « salue » la démission de Blaise Comaporé, « qui permet de trouver une issue à la crise » et appelle à « la tenue rapide d’élections démocratiques ». L’Union européenne considère qu’il revient « au peuple burkinabè de décider de son avenir ». 

Par communiqué, le président de la République française, Francois Hollande, affiche sa « solidarité avec les victimes des violences de ces derniers jours ». Alors que le chef de l’armée burkinabè s’est proclamé chef de l’Etat après la démission de Blaise Compaoré, « la France rappelle son attachement à la Constitution et donc à la tenue rapide d’élections démocratiques » au Burkina Faso. Le président Hollande a renouvelé son appel « au calme et à la retenue » de « l’ensemble des acteurs ».

« L’Union européenne suit avec préoccupation la situation au Burkina Faso, et déplore les actes de violence ainsi que la perte de vies humaines à la suite des affrontements d’hier entre manifestants et forces de l’ordre », a déclaré par communiqué Sébastien Brabant, porte-parole da la diplomatie de l’UE. « A la suite de l’annonce par le gouvernement du retrait du projet de loi sur la réforme de la Constitution, nous appelons au sens de la responsabilité de toutes les forces politiques, de l’armée et des institutions républicaines ainsi que du peuple burkinabè pour construire ensemble un nouvel avenir pour le pays, de façon apaisée, dans le respect des principes démocratiques et de la Constitution », a-t-il ajouté.

« Nous nous tenons prêts à travailler auprès du peuple burkinabè pour assurer un retour à la normalité, y compris par l’organisation des élections », conclut le porte-parole de la diplomatie européenne, qui assure que l’Union travaille étroitement avec ses partenaires internationaux, pour « assurer une réponse coordonnée à la situation et garantir le respect de la Constitution ».

 

 

 

Africpost, AFP, Reuters et RFI 

 

 

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