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Le Parti des Travailleurs, au pouvoir depuis douze ans, est au coude à coude avec le PSDB d’Aécio Neves, qui pourrait bien le renverser. A São Bernardo do Campo, en périphérie de São Paulo, le fief du PT, la droite, a déjà pris le pouvoir. A la veille du second tour, la campagne s’intensifie pour reconquérir des voix: “Aécio, c’est des foutaises! Alors je vous demande de voter pour Dilma présidente, votez pour São Bernardo, votez pour vous, pour l’emploi, pour l’augmentation du salaire minimum, pour les politiques sociales…

C’est ici, à São Bernardo qu’est né le PT, le Parti des Travailleurs, en 1980. Et pourtant, c’est le Parti D’Aécio Neves, qui a remporté la majorité. Battu sur ses terres, le PT doit aujourd’hui limiter la casse, dans la dernière ligne droite, le maire de São Bernardo, Luiz Marinho, parcourt inlassablement les rues en pentes de sa ville pour rassembler les électeurs, à grand renfort de Drapeaux rouges frappés de l’étoile du PT et de hauts parleurs.

Selon le consultant syndical Joao Guilherme Vargas Neto, cette crise de confiance que traverse le berceau du parti est lié à une crise du dialogue avec les syndicats: “Les politiques du PT avec Lula et Dilma ont créé une nouvelle classe sociale au Brésil, mais il est incapable de communiquer avec elle, d’en comprendre les angoisses et les dynamiques, le PT ne les comprends plus. Donc il y a une grande partie des électeurs qui doutent, parce qu’il y a des raisons de douter, par exemple: vais-je garder mon emploi? vais-je le perdre? Y aura-t-il de l’inflation?

En dix ans, le nombre d’ouvriers métallurgistes a augmenté de 50% dans la région, et 40 millions de personnes sont sorties de la pauvreté grâce aux programmes sociaux dans tout le pays.

Rafael Marques est le président du syndicat des métallurgistes de la région de São Bernardo: “En 2014, nous avons subi la crise internationale, São Bernardo est une ville très industrielle, et nous avons vu une diminution de l’emploi, avec des départs volontaires dans la région, et cette sensation de perte économique peut justifier le départ de nos électeurs, et puis l’autre phénomène important, c’est la couverture médiatique anti PT.

Mais, les raisons de la colère sont réelles. Sur son parcours, le maire Luiz Marinho est interpellé par Ana Maria, avocate et mère de famille: “Je suis révoltée qu’un quartier de cette taille n’ait pas assez de crèches! C’est absurde! Je n’ai pas eu de place l’année dernière car mon salaire n’est pas assez bas, et cette année j’ai réésayé! Je vais voter pour Aécio Neves, ça fait trop longtemps qu’I fallait construire ces crèches, et j’espère qu’il apporte des changements pour mon quartier.”

C’esi ici à São Bernardo que votera l’ancien président Lula pour le second tour, dans l’Etat de São Paulo, le plus grand collège électoral du pays, avec 33 millions d’électeurs, mais aussi le plus conservateur, 44% ont voté Aécio Neves contre 25% pour Dilma Rousseff au premier tour.

 

 

 

 

 

Auteur: Marie Naudascher

 

 

 

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