DSC_0243La demande du Groupe de travail sur la détention arbitraire des Nations-Unies adressée au Gouvernement sénégalais demandant la libération de Karim Wade est tout simplement obsolète et utopique du point de vue juridique selon Souleymane Sokome (Photo), juriste et politologue sénégalais basé en Allemagne mais également consultant chez Africpost. Monsieur SOKOME poursuit son argument en ces termes juridiques: Dans sa résolution 1991/42, portant création du Groupe de travail, la Commission des droits de l´homme des Nations Unies n´a pas clairement défini le terme « détention arbitraire» même si les instruments internationaux relatifs aux droits de l´homme protégent le droit á la liberté de la personne, en ce que nul ne peut être arbitrairement privé de sa liberté (Déclaration universelle des droits de l’homme, art. 9).

Selon le consultant juridique et politique, nous devons nous poser certaines questions relatives á la crédibilité d´une telle demande: quand la privation de liberté devient-elle arbitraire selon les mécanismes du droit international et de protection des droits de l´homme et que faut-il entendre par cette notion juridique ? Ce sont des questions difficiles á expliquer juridiquement. 

Depuis sa création, le Groupe de travail a déclaré arbitraire la détention de 1 331 personnes et non arbitraire celle de 19 autres. Ce même Groupe a décidé le classement de 335 cas. Les cas sur lesquels il a enquêté concernaient une soixantaine de pays à travers le monde. Il convient de relever que, dans la majorité des cas de détention déclarée arbitraire concernait des personnes qui avaient été privées de liberté pour avoir exercé de manière pacifique le droit à la liberté d’opinion et d’expression qui est garanti par l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et l’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, dixit Monsieur SOKOME. 

Ce que le Groupe de travail ignore en matiére juridique est que certaines privations de liberté peuvent être légitimes comme celles des personnes qui ont été accusées ou reconnues coupables de délits graves. Et cela s´applique ici pour le cas de Karim Wade qui a été reconnu coupable du délit d´enrichissement illicite par une juridiction d´un pays souverain et doté des institutions fiables. Pour conclure Monsieur SOKOME précise toutefois qu´il n´a rien contre la personne de Karim Wade mais la demande de l´ONU pourrait être comparée ici selon lui á un courageux serpent sauvant un poisson de la noyade.

Africpost 

 

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