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D’anciens rebelles intégrés à l’armée, réclamant le paiement d’arriérés de solde, ont lancé un mouvement de protestation. Un message que le gouvernement a reçu cinq sur cinq.

Un militaire sans salaire peut se muer en révolutionnaire. Ou du moins en mutin, et parfois en racketteur. Cette équation a été démontrée à moult reprises en Côte d’Ivoire comme ailleurs sur le continent. Cette fois, des soldats en colère réclamaient, entre autres, le paiement d’arriérés de solde pour la période 2009-2011.

Le 18 novembre, la protestation est partie de Bouaké, autrefois capitale des rebelles. Dans la deuxième ville du pays, des militaires ont barré les principaux axes routiers et pris le contrôle des locaux de la Radiodiffusion télévision ivoirienne (RTI) afin de diffuser leurs revendications sur les ondes. Parmi les initiateurs de cette grogne, d’anciens rebelles intégrés à l’armée en 2009 à la suite des accords de Ouagadougou. Plusieurs sources y voient la main d’Issiaka Ouattara, alias Wattao, éloigné en douceur au Maroc en septembre dernier pour y suivre une formation militaire.

Une facture salée pour le gouvernement

Ce mouvement de révolte s’est répandu de manière apparemment coordonnée à Korhogo, Ferkessédougou, Bondoukou, Daloa et Abidjan, dont les camps d’Akouédo, le plus important de la capitale économique, et d’Abobo, dirigé par le lieutenant-colonel Gaoussou Koné, dit Jah Gao.

C’est finalement le message de Paul Koffi Koffi, le ministre de la Défense, demandant aux militaires de regagner leurs casernes dans le calme, qui est passé en boucle à la RTI. Puis Hamed Bakayoko, le ministre de l’Intérieur, a relayé la parole d’Alassane Ouattara: “Le président vous a compris. Il a donné des instructions au Parlement pour régler vos problèmes.” Message reçu. Les militaires se sont assis à la table des négociations et, le 20 novembre, un accord a été trouvé à la présidence. Outre l’apurement de leurs arriérés de solde, d’ici à avril prochain, l’État s’est engagé à prendre en charge les frais de santé et les loyers des logements pour leurs familles, ainsi qu’à assurer leur promotion aux grades de caporal-chef ou de sergent-chef, progressivement là aussi.

Une facture salée pour le gouvernement, soucieux de résoudre cette crise qui survient dans un contexte sensible, peu après la chute du président burkinabè, Blaise Compaoré, et à un an de la présidentielle. Le dossier de l’armée nécessite une gestion en douceur, la cohabitation entre les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), favorables à Ouattara, et les ex-Forces de défense et de sécurité, réputées pro-Gbagbo, n’allant toujours pas de soi.

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