0,,18377864_303,00Günter Grass est mort. Prix Nobel de littérature 1999, le grand écrivain allemand est décédé aujourd’hui à 87 ans d’une infection grave, son éditeur a confirmé la nouvelle.

Derrière ses lunettes posées sur son nez, sa pipe à la main ou aux lèvres, la figure de Günter Grass était extrêmement célèbre en Allemagne.

Plus qu’un simple écrivain, Günter Grass était une personnalité morale de gauche, ou, pour reprendre les termes employés par le président du parlement allemand, Norbert Lammert dans sa lettre de condoléances à la veuve de l’écrivain, une « instance du débat politique ». Günter Grass n’a eu de cesse de rappeler à ses concitoyens qu’ils ne pouvaient occulter le passé nazi de l’Allemagne, il a suscité bien des polémiques dans le débat public. Günter Grass écrira « je viens du pays où on a brûlé tous les livres ».

Un homme qui aimait le débat

Ses aveux tardifs, en 2006, ont l’effet d’un coup de tonnerre. Günter Grass reconnaît avoir servi dans une unité de la Waffen-SS, à partir de 1944, sous le Troisième Reich. Il explique alors qu’à 17 ans, issu d’un milieu modeste et formé dans les Jeunesses hitlériennes comme la plupart des jeunes gens de sa génération, il avait voulu combattre le communisme.

Ces déclarations ébranlent alors l’ensemble du pays, car Günter Grass était plutôt connu pour être un compagnon de route réformiste du SPD, le parti social-démocrate d’Allemagne de l’Ouest. Mais l’auteur a expliqué qu’en réalité, il avait découvert en lui-même « un goût pour l’attaque » envers « toute idéologie qui prétend fixer des mesures absolues».

Ce langage savoureux contre l’oubli

Parmi ses romans les plus célèbres figure « Le Tambour », paru en 1959 et porté au cinéma par Volker Schlöndorff. Cet ouvrage est caractéristique de la langue à la fois grossière et savoureuse de Günter Grass.

L’Académie de Stockholm, qui lui a remis le prix Nobel, a estimé que dans son œuvre romanesque, Günter Grass entreprenait « une vaste révision de l’histoire en rappelant ce qui avait été nié et oublié: les victimes, les perdants et les mensonges que les gens veulent oublier parce qu’ils y ont cru un jour».

 

 

 

 

Avec AFP

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