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C’est parti ! Le Procès de Hissène Habré a été ouvert, ce lundi, au Palais de Justice Lat Dior de Dakar. L’ancien Président tchadien est jugé par les Chambres africaines extraordinaires (CAE) pour crimes contre l’humanité, crimes de guerre et actes de torture. Et le procès qui va durer trois mois risque de se dérouler dans un climat tendu. Déjà ce matin, Habré a demandé à la presse de le filmer avant de cracher du feu sur les magistrats des CAE qui selon lui, sont des traîtres obligeant la sécurité à l’évacuer. Sa famille s’en est également prise aux juges. Mais, ceux ci sont plus que déterminés à aller jusqu’au bout. Hier sa femme s’est attaquée au procureur des CAE en déclarant « On sait ce qu’il est allé faire au Tchad, il ne perd rien pour attendre »

L’ex-président tchadien conduit de force à son procès 

Ce lundi matin, Hissène Habré était déjà au tribunal quand les premiers journalistes sont arrivés. Vêtu d’un boubou et turban d’un blanc immaculé, il y a été conduit contre sa volonté, selon un de ses proches. Il ne reconnaît pas les juges et ses avocats sont quant à eux absents de la salle d’audience. C’est une parodie de justice, selon eux.

Un incident d’audience a éclaté une demi-heure avant l’ouverture officielle. Les partisans de l’ancien président se sont mis à crier. S’en est suivi une véritable cohue. Hissène Habré, qui était assis tranquillement au premier rang, a lancé ces quelques mots: « A bas les traîtres de l’Afrique ! A bas les impérialistes ! C’est du néocolonialisme, c’est une farce des politiciens pourris du Sénégal ! Les valets des Américains, traîtres en Afrique ! », a insisté Hissène Habré.

Il a été conduit manu militari, dans une grande bousculade dans le box des accusés pendant que ses partisans, eux, étaient expulsés de la salle d’audience. Comme il continuait à se débattre et à crier, Hissène Habré a été sorti du box des accusés et puis le calme est revenu.

A dix heures, les juges ont fait leur entrée dans la salle. « L’audience est ouverte », a déclaré le président de la cour avant une petite cérémonie d’ouverture avec la présentation des parties et un rappel historique de l’affaire. Pour les victimes et leurs avocats, qui se sont battus pendant 15 ans pour ce procès puisse s’ouvrir, c’est une immense émotion qui domine ce matin et certains affichent un large sourire.

Habré récuse Me Ciré Clédor Ly, traite les juges de “traîtres” et crie “Allah Akbar…”

Amené de force au Palais de justice de Dakar, l’ancien Président tchadien a intimé l’ordre aux caméramans et photographes de ne prendre son image. Ses partisans venus en grand nombre ont aussi été expulsés de la salle pour avoir brandi des slogans hostiles aux juges. Dans sa stratégie de défense, Habré a donné ordre à ses avocats, Mes Ibrahima Diawara et François Serres régulièrement constitués pour l’ancien homme fort de Ndjaména de boycotter son procès. Les conseils du prévenu absents dans la salle, le Président des Cae, le Burkinabé Gberdao Gustave Kam, a commis d’office Me Clédor Ly pour assurer sa défense. Mais, la robe noire a été récusée par l’ancien Président du Tchad, qui traita de “traîtres” ceux qui ont ‘’commandité’’ son procès. “C’est de la mascarade, c’est un procès de l’impérialisme”, a ajouté Habré. Le tout avec des cris de : “Allah Akbar, Allah Akbar … (Dieu est grand).

Sidy Ndao

Journaliste – consultant chez Africpost

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