pimg_210011_Economy-Africa-Industry_ALa situation de l’industrialisation en Afrique vue par Wolfgang Fengler, expert et économiste à la Banque mondiale. L’Allemand Wolfgang Fengler travaille depuis 14 ans pour la Banque mondiale située à Washington D.C. aux États-Unis. Il a commencé sa carrière au siège, puis a été nommé «?Senior Economist?» en Indonésie, a ensuite travaillé en Afrique et est depuis août 2013 chargé des Balkans au bureau de la Banque mondiale à Vienne. Fengler est l’auteur de l’ouvrage «?Realising the Kenyan Dream?» édité par le Nation Media Group.

Wolfgang Fengler croit en l’Afrique. Alors que certains experts ne voient guère qu’un feu de paille dans le récent essor économique du continent. Cet expert de l’Afrique, de 42 ans, qui a dirigé jusqu’au milieu de l’année le département économie de la Banque mondiale à Nairobi, estime qu’il y a des raisons d’espérer. Il se base sur les données macroéconomiques, dont une inflation décroissante, des dettes d’un faible montant et une croissance économique d’une moyenne de 5 pour cent – ce qui, selon lui, paraissait impossible il y a encore 20 ans.

Fengler considère que la forte croissance de la population en Afrique, en dépit de la situation sociale explosive, est positive dans l’ensemble. Selon des statistiques des Nations unies, l’Afrique a la plus grande augmentation du nombre de personnes de tous les continents et pourrait représenter environ 40 pour cent de la croissance mondiale de la population en 2030. Fengler fonde cette confiance sur ce que l’actuelle forte croissance de la population de 1,1 à 2,2 milliards d’Africains en 2050 devrait être freinée par l’urbanisation et que la majorité des Africains devraient alors, pendant une longue période, être en âge de travailler.

Il croit surtout que dans de nombreux États du continent, d’ici 2025, le produit intérieur brut atteindra plus de 1000 dollars par habitant, ce qui en fera, par définition, des pays à revenus moyens. Toutefois, même Fengler met en garde contre les problèmes que cela pourrait entraîner. Il y a le risque que l’Afrique produise à coûts trop élevés pour être attractive et qu’elle soit également moins innovatrice que ses concurrents, comme par exemple l’Indonésie.

En Afrique de l’Est, Fengler estime qu’il est possible de développer une industrie légère et un large secteur de services, même s’ils n’en sont qu’à leurs débuts. Il se sent conforté par une énorme croissance du secteur des communications mobiles et du système M-Pesa qui rencontre un grand succès au Kenya et à l’aide duquel de nombreux Kenyans virent de l’argent avec leur portable. Entre-temps, M-Pesa a atteint les régions les plus reculées du pays. «?L’effet social ?et économique est considérable?» résume Fengler. Cela renforce aussi la position des femmes car les hommes ne peuvent plus aussi facilement avoir accès à l’argent.

Toutefois, Fengler plaide également contre l’optimisme démesuré. Dans un essai, lui et son co-auteur exposent un grand nombre de raisons qui s’opposent au succès durable de la croissance, comme par exemple le maintien de la dépendance de nombreux États africains de l’exportation d’une seule matière première. Cependant, il estime que les changements politiques en Afrique, nécessaires à une forte croissance économique, sont possibles – et c’est ainsi qu’il en vient à conclure que «?En Afrique le verre est à moitié plein?».

 

 

Auteur : Wolfgang Drechsler

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