734472_4613126654611_684667170_n

D’une superficie de 30.368.609 km2, l’Afrique couvre 6% de la surface totale de la terre et 20,3% de la surface des terres émergées. Il est  le deuxième plus grand continent en termes de superficie après l’Asie, si l’on considère que l’Amérique est un bloc formé de deux civilisations distinctes (l’Amérique du Nord et l’Amérique latine). Avec une population de près d’un milliard d’habitants á long terme, le continent africain occupe  la deuxième place en termes de démographie au plan mondial. Devant elle se trouve l’Asie avec  4 .140. 336.501 habitants.  L’Amérique forte de  925. 465. 375 habitants, occupe la troisième position. La population africaine croit de façon exponentielle, c’est-à-dire á un rythme régulier et rapide. En 1960 elle était estimée à 277 millions. En 1970 elle passe à 357 millions, pour atteindre en 1980 le chiffre de 469 millions. Dix années plus tard, la population africaine est de 622 millions et 795 millions en 2000. La population africaine représente ainsi en 2010 16,14% de la population mondiale.

Sans rentrer dans un débat malthusien, on peut déduire que cette évolution démographique rapide n’est pas sans conséquences aussi bien pour les populations que pour les gouvernements. Avec son milliard d’habitants, l’Afrique fait face à un problème qui doit être pris en compte immédiatement, si l’on veut éviter une situation explosive dans les années à venir : Le devenir de sa jeunesse. En 2006, 44% de la population de l’Afrique au sud du Sahara était âgée de moins de quinze ans.  Plus de la moitié de la population africaine est actuellement constituée de jeunes. Une jeunesse confrontée au chômage dont les taux dans certains pays avoisinent le seuil effrayant de 80%. La jeunesse africaine semble n’avoir aucune perspective. Le favoritisme, le clientélisme, la corruption et les pratiques occultes (cercles ésotériques, sectes, etc.) inhibent tout espoir de réussite. De plus, le déficit démocratique, le manque d’alternance et la politisation de l’ethnicité comme modèle politique par excellence donnent aux jeunes le sentiment d’être délaissés et oubliés. Plusieurs générations de jeunes africains vivent dans une précarité indescriptible, sans aucun soutien de leurs gouvernements respectifs. Face à cet état de fait, La tentation de l’aventure occidentale et récemment orientale est devenue pour beaucoup la seule issue favorable pour une vie meilleure.

Les jeunes d’Afrique au sud du Sahara sont victimes d’une violence structurelle, c’est-à-dire cette forme de violence que Johan  Galtung dans sa typologie définit comme « tout ce qui détruit les hommes dans leur être psychique, physique et spirituel de manière anonyme et sans qu’ils soient agressés personnellement par les armes ». Ainsi sans pour autant porter atteinte à l’intégrité physique de sa jeunesse, la plupart des Etats africains exercent une violence plus subtile vis-à-vis de cette catégorie de la population (pas de travail, pas de débouchés, aucune prise en charge par l’Etat..).  Un homme affamé est avant tout un homme mécontent, un jeune sans avenir est un révolté  en devenir. Si plus de la moitié de la population africaine est en colère,  il faut s’attendre à ce qu’elle la manifeste. Ce qui quelques années auparavant ne représentaient aucun danger, risque avec la démographie exponentielle  du continent constituer le foyer de protestation le plus spectaculaire jamais vécu depuis la fin des indépendances.

Vers un soulèvement massif des Jeunes?

Huntington mettait déjà en garde  en 1996 en affirmant que  « Dans les principaux pays arabes (Algérie, Egypte, Maroc, Syrie, Tunisie) le nombre de personnes de moins de trente ans en quête d’emploi augmentera jusqu’en 2010 environ. Par rapport à 1990, le nombre de demandeurs d’emploi augmentera de 30% en Tunisie, de 50% en Algérie, en Egypte et au Maroc, ainsi que 100% en Syrie. » (On l’a vu avec le printemps arabe en Tunisie, en Egypte et  dans plusieurs autres pays musulmans), il est fort probable que l’on vive ces révolutions au courant des années à venir en Afrique noire. Il est unanimement accepté que le désœuvrement des jeunes ait joué un rôle majeur dans les révolutions survenues en Tunisie et en Egypte.

En effet, en 2009 le taux de chômage des jeunes en Afrique du Nord selon un rapport de l’UNESCO était de 24%, soit le plus élevé du monde, pendant ce temps, celui de l’Afrique subsaharienne n’était que de 12%. Il est quasiment certain que plus le taux de chômage sera élevé, plus les chances d’une révolution seront grandes.  La réaction de la jeunesse africaine face à l’insouciance et au mépris du pouvoir politique est inéluctable. Cà et là, se font entendre des grognements. Ces émeutes sporadiques traduisent sans nul doute la profondeur du malaise et finiront par enclencher  la mise en marche du grand bal révolutionnaire qui ébranlera cinquante années de statut quo et de léthargie. Ce mouvement protestataire sera sans aucun doute d’une violence extrême et exprimera le ras le bol d’une jeunesse longtemps sacrifiée à l’autel des intérêts plus ou moins obscurs. La cible ne sera plus simplement les gouvernements respectifs, mais bien plus l’ensemble de tout ce qui aux yeux de la jeunesse, les empêchent d’avoir une vie meilleure : le système économique libéral, le néo-colonialisme, les  politiques restrictives d’immigration ainsi que l’ordre international incarné par les nations unies.

La question n’est plus de savoir si la jeunesse africaine prendra son destin en main, mais plutôt dans combien de temps elle le fera. La mèche est allumée, il revient aux gouvernements de l’éteindre, en adoptant des politiques qui prennent en compte les aspirations de la jeunesse. Ils peuvent aussi faire la politique de l’autruche et se réveiller un matin avec une armée de jeunes gonflés à bloc, déterminés à prendre en main leur destin. Nul ne sera besoin pour eux d’aller au loin chercher l’inspiration, il suffira de jeter un regard vers la Tunisie ou même l’Egypte pour comprendre que tout cela est POSSIBLE.

 

 

Auteur: F. Armand Kandem  

 

 

 

 

 

 

Source : Africpost avec Afrique & Science pour la promotion de l´esprit scientifique en Afrique

 

 

Comments

comments

Loading...