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LES POINTS MARQUANTS
  • L’Afrique continue d’afficher des taux de fécondité élevés et enregistrera, de ce fait, une croissance rapide de son nombre de jeunes
  • Selon un nouveau rapport de la Banque mondiale, les interventions actuelles des pouvoirs publics augmentent les chances de voir se concrétiser les retombées socioéconomiques potentielles de la croissance démographique
  • Le rapport suggère qu’améliorer l’accès des femmes et des filles à la santé, à l’éducation et la formation professionnelle aura notamment un impact considérable

La population africaine augmente rapidement, et d’ici 2060, la région comptera environ 2,8 milliards d’habitants. En adoptant les politiques et les mesures appropriées, les pays d’Afrique subsaharienne pourront tirer un énorme dividende de cette croissance pour accompagner leur décollage économique, soutient le rapport de la Banque mondiale.

Le rapport intitulé « Africa’s Demographic Transition: Dividend or Disaster? » indique que des facteurs tels que l’accroissement ou la baisse du nombre de jeunes à la charge de leurs parents peuvent influer largement sur la croissance démographique d’un pays et le bien-être des familles. L’étude suggère aux pays africains des pistes de réflexion pour accroître leurs chances de tirer parti des retombées socioéconomiques potentielles de la croissance démographique et permettre à la région de bénéficier d’un dividende démographique. Parallèlement, le rapport soulève un important dilemme qui se poserait au cas où les politiques et les mesures souhaitées ne seraient pas mises en œuvre d’une manière avisée.

“La croissance de la population en âge de travailler en Afrique est un fait inéluctable », souligne Punam Chuhan-Pole, économiste en chef par intérim pour la région Afrique de la Banque mondiale. «L’élargissement du marché de l’emploi représente un atout pour l’Afrique à condition que les pays africains adoptent les mesures et politiques nécessaires qui consistent à réduire la taille des familles, éduquer la jeunesse et lui donner accès à la santé », ajoute-t-elle. 

Les pays subsahariens ont connu une croissance impressionnante sur le plan économique et du développement au cours des 15 dernières années. La mortalité infantile a fortement baissé dans la majorité des pays et le taux de fécondité, autrement dit le nombre d’enfants mis au monde par femme, a considérablement diminué chez les femmes instruites vivant en milieu urbain. Mais la fécondité reste obstinément élevée dans la région : 6,5 enfants par femme en 1950-1955, contre 5,4 enfants en moyenne par femme en 2005-2010.

Comment cette explosion démographique affectera-t-elle les pays africains ? La réponse à cette question, soutient le rapport, dépend des politiques que chaque pays met en place. Les actions et les mesures envisagées peuvent transformer la population d’un pays en une main-d’œuvre autonome, éduquée, en bonne santé et capable de contribuer à une croissance économique réelle et soutenue pouvant sortir les individus de la pauvreté.

Le rapport compare l’évolution démographique de l’Afrique à celles de l’Asie de l’Est, de l’Amérique latine et du Moyen-Orient. À titre d’exemple, de 1975 à 2010, l’Asie de l’Est a enregistré une baisse rapide de la fécondité, qui a contribué à réduire le degré de dépendance des jeunes et, parallèlement, a fait augmenter le nombre de personnes en âge de travailler (16 à 64 ans). Résultats : 1,5 travailleur par nouveau-né durant les premières années, puis une pointe de 2,5 travailleurs par nouveau-né pendant 35 ans.

Dans le même temps, l’Asie de l’Est a adopté une politique volontariste axée sur l’exportation, qui a fait croître la demande de main-d’œuvre. Dans un contexte caractérisé dès lors par une population plus nombreuse d’adultes ayant un travail et un nombre inférieur d’enfants par famille, les ressources ainsi libérées ont permis aux familles et à l’État d’investir davantage dans l’éducation des enfants et la santé. Des adultes actifs, en bonne santé, en nombre plus grand et compétents étaient prêts à se lancer sur un marché du travail en pleine expansion.

Le rapport adopte également une perspective régionale pour mettre en évidence les possibilités d’obtenir un dividende démographique. Il propose des recommandations générales par lesquelles commencer à s’attaquer aux difficultés et à s’inspirer de succès récents tels que : 

  • Capitaliser sur le dividende démographique en améliorant l’accès des femmes et des jeunes filles à la santé, l’éducation et de la formation professionnelle, et en leur accordant plus de pouvoir économique et social
  • Les pays dans lesquels la fécondité est en recul et la proportion de personnes en âge de travailler en hausse doivent mettre l’accent sur la création d’emplois hautement productifs pour les populations en âge de travailler et promouvoir l’investissement dans les domaines de la santé et de l’éducation des plus jeunes.
  • Les économies plus avancées dotées d’un secteur formel plus vaste doivent insister sur la mobilisation de l’épargne nationale et la promotion de la participation des femmes au marché de l’emploi en dehors du foyer.
  • La constitution d’une épargne suffisante pour la retraite permettra également de faire face au problème du vieillissement de la population qui se posera à mesure qu’approche la fin de la transition démographique.
  • L’absence de sécurité peut rendre toute intervention plus difficile dans les États fragiles. Dans ces cas-là, l’accent doit être mis sur la santé de l’enfant, l’accès aux soins de santé et, si possible, la planification familiale, pour préparer les conditions préalables à un dividende démographique.

 

La Banque Mondiale

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