800px-2011-06-22_12-01-28_South_Africa_-_Morningside_0Les attaques xénophobes continuent en Afrique du Sud. Elles ont lieu, cette fois, dans la région de Durban, dans l’est du pays. Ces derniers jours, plusieurs milliers d’immigrants auraient fui leurs maisons, après une série d’attaques violentes. Les incidents ont commencé quelques jours après des déclarations du roi des Zoulous – la plus haute autorité traditionnelle de la province – appelant les étrangers à faire leurs bagages et à quitter l’Afrique du Sud.

Les incidents ont commencé, la semaine dernière, à Isipingo, un quartier sud de Durban. Des habitants s’en sont pris à des commerçants étrangers, principalement des Congolais, pillant leurs magasins.

Cette semaine, les attaques se sont propagées à plusieurs autres quartiers voisins comme Umlazi et Malukazi où vivent de nombreux Zimbabwéens, Malawis et Somaliens.

« On va vous tuer »

Coco est d’origine congolaise. Elle vit à Durban depuis 12 ans où elle tenait un petit salon de coiffure. Aujourd’hui, elle a tout perdu et vit dans une tente installée par la mairie à côté du poste de police. Son témoignage est éloquent.

« C’était lundi matin, je suis allée chercher à manger. Et la dame qui vendait du pain m’a dit “vous êtes encore là ?”, avant d’ajouter “Vous ne savez pas ce qui va vous arriver ? Faites attention !”

Une heure après, nous avons vu un groupe de gens arriver avec des pierres et des bâtons. Ils criaient : “tous les étrangers doivent rentrer dans leur pays !” Ils sont arrivés près de chez moi ; ils ont attaqué mon voisin, puis mon salon de coiffure. Ils ont commencé à nous bousculer, nous nous sommes alors échappés par l’arrière du magasin, et eux ont tout pillé. Certains d’entre nous avons essayé d’appeler la police mais elle n’est venue que deux heures plus tard

Je ne peux plus retourner à mon salon de coiffure parce que j’ai vécu là-bas pendant six ans et que tout le monde me connait. Quand nous sommes partis en courant, les gens criaient : “On ne veut pas d’étrangers, vous devez tous partir, tous”. A certains endroits, ils criaient : “On va vous tuer, on va vous tuer”. Je ne peux pas retourner chez moi ; ils vont me tuer. J’ai tout perdu ; je ne sais pas quoi faire… »

La police ne s’exprime pas sur ces incidents

Entre 4 000 à 5 000 personnes auraient été déplacées, selon Bandile Mdlalose, activiste travaillant avec les migrants.

«Quand cela a commencé dans le quartier de Izipingo, ce sont des commerçants qui ont été ciblés, c’est-à-dire des propriétaires de salons de coiffure, de boutiques, de superettes et de petits magasins d’électronique. Mais maintenant, il y a une escalade. Les gens sont attaqués dans leurs propres maisons. Par exemple, ils sont attaqués la nuit quand ils dorment. Ils sont chassés de leur maison et on leur dit : “partez, rentrez dans votre pays. Même notre propre roi ne veut pas de vous”. Et tous leurs effets personnels sont volés. Leurs lits, leurs meubles sont pillés », a déclaré à RFI, Bandile Mdlalose.

Plusieurs centaines de personnes ont d’abord trouvé refuge auprès de la police, avant d’être dirigés vers des tentes érigées par la municipalité. Aucun bilan officiel n’a, pour l’instant, été fourni. La police refuse de s’exprimer sur ces incidents.

Les exactions contre les étrangers, courantes en Afrique du Sud, sont en forte augmentation, depuis le début de l’année, notamment à Durban depuis les propos du roi Zoulou Goodwill Zwelithini appelant les étrangers à quitter le pays.

 

 

 

Avec Radio France Internationale

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