Coronation Fund Managers fait son mea culpa pour son exposition aux difficultés d’African Bank

Les principaux dirigeants de Coronation Fund Managers, un des plus important gestionnaire de fonds d’investissement opérant sur le continent africain, et notamment en Afrique du Sud, a dans un communiqué signé le 12 août 2014, présenté ses excuses à ses clients, sur la qualité de la communication qu’ils ont faite aux lendemains de la dégringolade d’African Investment Bank Limited, dont le fonds était l’actionnaire majoritaire avec 22,08% de participation cumulée au début du scandale.

« Il y a eu des pertes et nous nous en excusons. Nous avons vécu cette expérience avec humilité. Il n’est pas de notre intention de commettre des erreurs. Commettre des erreurs  fait partie du quotidien des gestionnaires de fonds. Nous pouvons aujourd’hui nous détacher de notre participation au sein d’African Bank Investment, où notre participation a été réduite à hauteur de 9% au 8 août 2014 », a expliqué Coronation dans un communiqué conjointement cité par Karl Liebenberg, le responsable en chef des investissements  et  Neville Chester, gestionnaire senior de portefeuille.

Lorsqu’intervient la semaine dernière l’annonce de perspectives de mauvais résultats 2014 pour ABIL et la dégringolade qui s’en est suivi sur le Johannesburg Stock Exchange, Coronation a initialement fait savoir à ses clients que leur exposition à ce problème sera sans conséquences, publiant comme argument l’état du portefeuille à la veille du scandale (le 5 août).

Déjà critiqué pour avoir investi sur des actifs reposant sur un business model qui a souvent montré des failles, Coronation Fund reconnait que la situation actuelle au sein d’ABIL entraîne des pertes, mais se défend de ce qu’après examen de l’ensemble des données de la banque, il (le fonds) avait cru que le leader des prêts non sécurisés en Afrique du Sud avait su tirer les leçons du passé et que le fait d’avoir pu mobiliser 5,5 milliards de rands en fin 2013 (Environ 450 millions, était une preuve de la confiance qu’elle pouvait inspirer. 

« Bien que nous ayons pris conscience qu’il y avait des risques, nous avions vu dans le titre (d’ABIL) une belle tendance à la hausse. C’est d’ailleurs pour cela que nous avons exclusivement investi dans les actions, pas les obligations où tout autre instrument monétaire … Ce qui limite notre exposition aux problèmes de la banque. Les médias insistent sur les pertes subies par les actionnaires alors que d’autres parties prenantes souffrent aussi des mêmes conséquences » explique le fonds d’investissement.

Ce mea culpa de Coronation Fund Management survient alors que se pose aujourd’hui la question de la responsabilité des gros actionnaires, à commencer par les gestionnaires des fonds (Coronation, Liberty Fund et Public Investment Corporation), dans la situation actuelle. Les opinions sont extrêmement variées. Certains estiment qu’en tant qu’actionnaires ils se devaient de voir les choses venir et d’y remédier.

 D’autres observateurs estiment que dans le cadre d’entreprises cotées, cela peut-être difficile d’établir les niveaux de responsabilité. « Le problème a des origines lointaines et durant le moment où il prend de l’ampleur, la figure de l’actionnariat peut beaucoup changer. Les nouveaux actionnaires s’en remettent donc souvent à la direction de l’entreprise qui peut les induire en erreur », explique un analyste sud-africain interrogé sur le sujet.

Dans leur ensemble les fonds Coronation présents au sein du capital d’African Bank Investment ont affiché une performance positive au 13 août 2014. Le Coronation Top 20 South Africa Fund qui est directement engagé sur African Bank Invesrment a affiché à cette date, une valeur nette d’inventaire en progression de 1,23%, cumulant une progression de 17,47% sur la période d’une année écoulée. 

Pour sa part, le Coronation Universal Fund – Africa Frontiers Fund dont les dix premières entreprises de son portefeuille comptent des grosses pointures des marchés financiers africains, (Nigeria Breweries, Guiness Nigeria, Lafarge Wapco, CfC Stanbic Holdings, Delta Corporation, Econet Wireless, British American TobaccoKenya ou encore Safaricom), a vu sa valeur nette d’inventaire progresser de 2,8% ce 13 août 2013. 

Idriss Linge / Agence Ecofin

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